Expo : Tiffany & Co. brille de mille feux à Londres

Mélange de virtuosité et de pragmatisme typiquement américain, la Maison Tiffany, rachetée par LVMH en 2019, célèbre 150 ans de présence à Londres et presque 200 ans de créativité à travers l’exposition « Vision & Virtuosity ». Jusqu’au 19 août à la galerie Saatchi.

Judith Spinoza

Il y a d’abord le nom « qui résonne au gré des générations et les cultures. Qui est devenu synonyme du tissu culturel et mondial de toute une époque », explique la journaliste-historienne Vivienne Becker, avant d’ajouter : « Une référence pour la découverte et la démocratisation du luxe. La Maison Tiffany est source de rêves, une sorte de lieu défini mais secret qui permet de s’évader de la banalité du monde. »

Le monde selon Tiffany & Co.

Mais pour que ce nom vive, il y a fallu la vision et le talent, en plus de l’alignement des étoiles et du rêve. Au bout de cette histoire extraordinaire initiée en 1837 au 259 Broadway par Charles Lewis Tiffany et John B. Young, 25 ans et 1 000 dollars en poche, une boîte bleue devenue par-delà le monde le symbole de la maison new-yorkaise.

C’est ce début et la suite – l’héritage, les diamants, les collaborations, les pièces légendaires et même le script original du film de Blake Edwards Breakfast at Tiffany’s (1961) – qui vous sont contés autour de sept chapitres. Au total, 400 pièces d’archives mélangeant des designs de haute joaillerie aux vitrines de la boutique de New York, abritées dans la galerie d’art contemporain du sud-ouest de Londres. « “Vision & Virtuosity” célèbre les moments clé de l’histoire de la Maison, présente l’incroyable collection d’archives et raconte pourquoi Tiffany est une Maison historique », explique Alexandre Arnault, vice-président exécutif de la griffe.

Blue Book et boîte bleue

Et pour cause. Tiffany est un patrimoine. Un joyau américain aux feux très vivaces narré à l’origine dans le fameux Blue Book, le catalogue annuel de la collection de haute joaillerie de la Maison qui, depuis 1837 et jusqu’à aujourd’hui, présente les créations les plus emblématiques, dont l’Empire Diamond de plus de 80 carats acquis cette année et la nouvelle collection de haute joaillerie « Botanica Blue Book 2022 ». Les premières éditions du Blue Book contiennent d’ailleurs une section « Diamants » qui répertorie une sélection inouïe de pièces que l’entreprise acquiert et importe aux États-Unis à partir du XIXe siècle.

 
 
 
 
 
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Parallèlement à cette envolée américaine s’organise la conquête londonienne, où Tiffany, Reed & Co. ouvre des bureaux en 1872 au 29 Argyll Street. Il y a 150 ans. La petite boîte d’un bleu turquoise – couleur choisie en 1845 parce qu’elle fait fureur durant ce siècle, aujourd’hui devenue le numéro 1837 de chez Pantone – fait donc son chemin outre-Manche. Une course folle initiée grâce aux connexions étroites que la compagnie entretient avec la famille royale à partir de 1882, quand la reine Victoria délivre une lettre de patente permettant à Tiffany de devenir fournisseur officiel de la couronne.

En 1860, le chien du Prince de Galles arbore ainsi un collier en argent sterling de la Maison. L’épopée londonienne vous emmène aussi de Maddox Street à Bond Street, puis Regent Street et, enfin, au 25 Old Bond Street, la boutique inaugurée en 1986 et qui reste aujourd’hui encore le flagship londonien. Entre-temps, Tiffany a offert plus de 30 pièces d’Elsa Peretti, la créatrice mythique de bijoux Tiffany & Co., au British Museum.

Icône(s) de l’histoire américaine

Quoi de plus naturel en effet que de célébrer le mariage entre une icône new-yorkaise, installée depuis sur la 5e Avenue, et des stars hollywoodiennes, entre une Maison et des actrices mais aussi des designers de renom ?

Si, dès 1954, Marilyn affiche sa passion pour les diamants de Tiffany dans Les Hommes préfèrent les blondes de Howard Hawks (1953), Audrey Hepburn lui vole la vedette quelques années après dans Breakfast at Tiffany’s. Un diamant jaune acquis en 1877, de 287,2 carats, habille l’actrice, porté depuis par Lady Gaga et Beyoncé. « La seule chose qui me fasse du bien, c’est de sauter dans un taxi pour aller à Tiffany. Ça me calme tout de suite », déclarait le personnage incarné par Audrey Hepburn.

 
 
 
 
 
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61 ans plus tard, les paroles ingénues prononcées dans ce film, devenu indissociable du patrimoine culturel de la griffe, n’ont en rien perdu de leur véracité. Tout au long de ces années, le « Tiffany Corner », au croisement de la 57e Rue et de la 5e Avenue, garde le même pouvoir d’attraction pour les New-Yorkais, mais aussi pour les artistes, qui ont mis leur talent au service de nouvelles collections et influencé la Maison au fil des ans : Andy Warhol, Jasper Johns, John Loring, Robert Rauschenberg, mais aussi Jean Schlumberger et ses créations naturalistes, Elsa Peretti et ses lignes plus organiques, Paloma Picasso avec ses couleurs et ses formes inédites.

Puis, version contemporaine, Daniel Arsham et Supreme… Leurs créations, ainsi que les principales pièces de l’exposition, sont rassemblées dans le catalogue Assouline, proposé dans la boutique du musée.

L’amour de l’éternité

Cette rétrospective rappelle aussi que, si Tiffany a toujours misé sur son artisanat légendaire, la Maison a aussi révolutionné l’univers du mariage en inventant la bague de fiançailles. En 1886, Charles Lewis Tiffany est le premier joaillier à imposer l’engagement ring comme symbole moderne de l’amour et de l’éternité. Plus connue sous le nom de « Tiffany Setting », cette monture à six griffes qui disparaît pour laisser flotter le solitaire au-dessus d’un anneau et renforcer l’éclat du diamant reste jusqu’à ce jour un best-seller.

L’amour de l’éternité… quelle meilleure illustration que les propos de feu André Leon Talley, journaliste de mode américain : « Tiffany & Co. dessine un univers sans précédent, dans lequel résonnent des solos qui atteignent la perfection, des designs qui sont des prouesses, qui illuminent l’âme humaine. Et qui nous accompagneront pour l’éternité. » Une love story qui réunit amour et glamour.

« Vision & Virtuosity » by Tiffany & Co., Jusqu’au 19 août 2022. Saatchi Gallery, Duke of York’s HQ, King’s Road, London SW3 4RY.

Lire aussi : Les expositions à voir en juin

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