Rencontre avec Guillaume Lascourrèges, directeur du développement responsable Clarins

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Rencontre avec Guillaume Lascourrèges, directeur du développement responsable Clarins

Plus que jamais, Clarins investit la beauté responsable et s’engage pour le respect de la planète. Rencontre avec Guillaume Lascourrèges, directeur développement responsable de la marque.

À quand remonte la prise de conscience écologique de la famille Clarins ?

Christian Courtin-Clarins répète souvent que sa démarche vers une beauté plus responsable a été déclenchée à la naissance de sa première fille. Jacques Courtin-Clarins a créé la marque en osmose avec les plantes. Poursuivre dans cette voie ne pouvait aller que de soi !

L’engagement de l’entreprise pour la planète est fort, vous ne rencontrez jamais de frein ?

La question est plutôt selon moi : qu’est-ce que je gagne à préserver la nature ? Pour nous, c’est un véritable bénéfice : des écosystèmes en bonne santé permettent de continuer d’obtenir
des plantes en abondance.

« Ce qui fait la qualité des produits, c’est avant tout la matière première », nous dit Christian Courtin. D’où vient-elle ?

Nous trouvons nos multiples plantes partout dans le monde, aussi bien dans des climats tempérés, méditerranéens ou encore tropicaux. Par exemple, le beurre de karité contenu dans de nombreux produits vient du Burkina Faso. Notre eau de coco biologique, dédiée à la gamme « My Clarins », vient du Brésil, quant à la rose des Alpes, elle arrive, comme son nom l’indique, tout droit des Alpes. La qualité de la matière première, c’est la somme de la molécule qu’elle contient et la manière dont elle a été cultivée ou cueillie sans dommage pour l’environnement.

Comment choisissez-vous vos plantes ?

C’est l’expertise des laboratoires Clarins. Notre métier, c’est de prendre soin de notre peau et de chercher tout ce qui aidera à l’hydrater, la raffermir, la régénérer ou bien la protéger. Notre innovation permanente est guidée par l’efficacité, la sécurité et la sensorialité. Nous additionnons les effets jusqu’au cocktail de plantes comme dans le Double Serum qui contient 21 extraits de plantes.

Où les cultivez-vous ?

Nos plantes sont cultivées par un réseau de partenaires. Au Domaine Clarins, situé au cœur d’un espace naturel, nous avons privilégié un mode d’agriculture biologique : un cheval prépare les sols et la cueillette est entièrement manuelle. La phase de séchage est également réalisée sur place pour figer les molécules d’intérêt que nous voulons.

Comment les récoltez-vous ?

La récolte peut être manuelle ou mécanique quand il s’agit d’une culture, et principalement manuelle pour la cueillette sauvage. C’est la quantité et la fragilité de la plante qui fait varier la méthode. Dans le cas de la cueillette sauvage, qui représente environ 20 % de nos extraits, il est primordial de respecter des principes de cueillette responsable. Sélectionner la partie de la plante, la quantité prélevée et la bonne période pour être certain que l’on ne prélève pas plus que ce que la plante a à nous offrir et qu’elle soit encore généreuse l’année suivante. C’est à cette fin que Clarins soutient l’Association française des professionnels de la cueillette de plantes sauvages pour établir des fiches de bonnes pratiques.

Quelles plantes sont utilisées dans les produits de beauté Clarins ?

Dans nos démaquillants, la gentiane et la mélisse forment un excellent duo pour apaiser la peau. Le marrube blanc est un bon agent de notre complexe antipollution, qui protège contre les polluants du quotidien. Le karité est l’atout nutrition de la peau, vous en retrouverez, par exemple, dans le nouveau Baume Corps Super Hydratant. Enfin, on peut évoquer l’huile de noisette, dont le film maintient l’hydratation de la peau. C’est une base de l’Huile Tonic et de toutes nos iconiques huiles corps et visage.

Quelles sont les propositions que vous feriez pour accélérer la transformation écologique ?

Les limites planétaires sont un bon indicateur pour se poser des questions de physique de base : est-ce que j’utilise une ressource épuisable ? Renouvelable ? Combien d’énergie me faut-il ? Si je transpose cela à des solutions pour un ingrédient cosmétique : la plante est renouvelable, il faut m’assurer que je n’épuise pas mon sol, que je prélève une quantité d’eau raisonnable, que je récolte avec du matériel qui dure et, peut-être un jour, sans énergie fossile, que je transforme en extrait avec une énergie renouvelable, avec des procédés de chimie verte sans transfert de pollution, puis que j’emballe dans un emballage recyclable et réutilisable.

La question est aussi : comment agir pour faire mieux ? Dans le cas de Clarins, nous avons décidé de privilégier l’agriculture biologique pour assurer la santé des sols avec la cible de 80 % de plantes bio d’ici 2025. Pour les emballages, nous travaillons pour qu’ils soient recyclables en 2025. Nous avons déjà atteint depuis plusieurs années le taux de zéro déchet en décharge sur nos sites industriels ou encore celui de 100 % d’électricité renouvelable. De façon pionnière, nous venons de basculer cette année sur 100 % de biogaz pour tous nos sites en France.

Quels sont les projets à venir de la marque ?

Clarins a élargi sa promesse de « rendre la vie plus belle » en ajoutant « transmettre un monde plus beau ». C’est un projet passionnant qui comprend notamment un volet de régénération qui me tient particulièrement à cœur. Depuis 2016, nous soutenons, par exemple, des projets d’agroforesterie dans plusieurs fermes françaises. Après des décennies d’agriculture intensive, nous soutenons des agriculteurs engagés qui font le pari de la régénération par le retour de la biodiversité qui va retenir les sols, mieux conserver l’humidité, apporter de la résilience au changement climatique. Et pour apporter des preuves, nous avons même financé des études sur plusieurs années afin de mesurer l’amélioration de la biomasse et le retour des vers de terre !

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