kauli vaast

Kauli Vaast, le diamant brut

Sacré champion olympique lors des Jeux de Paris 2024 à seulement 22 ans, en domptant la vague de Taehupo’o qu’il connaît mieux que personne, Kauli Vaast est la nouvelle star du surf mondial. Catapulté en haut de l’affiche, le natif de Vairao, en Polynésien, n’a rien perdu de sa simplicité et rêve à présent de devenir champion du monde.

Baptiste Mandrillon

Kauli Vaast, quelle pensée vous habite sur une planche ?

Kauli Vaast : Quand je suis en compétition, je cherche avant tout la perfection. Chaque détail compte, et c’est cette attention-là qui me permet d’être performant. En surf, on perd bien plus souvent qu’on ne gagne, alors il faut rester concentré en permanence, ne jamais baisser la garde.

Le plus grand frisson que vous ayez ressenti ?

Sans hésiter, quand je suis tombé dans une vague de 15 mètres à Teahupo’o, en 2021. Au moment où j’ai compris qu’elle allait me prendre, j’ai vraiment cru que c’était la fin. La vague a fracassé le récif corallien, et j’en avais même des morceaux dans les mains.

Quelle vague rêvez-vous d’affronter ?

Jaws, à Hawaï. Elle me fait peur, mais j’ai envie de la surfer.

Après être devenu champion olympique chez vous, à Tahiti, comment peut-on rêver encore plus grand ?

Ce titre olympique m’a apporté une énorme confiance. Je l’ai décroché assez jeune, alors que, paradoxalement, ma carrière ne fait que commencer. Cette médaille, je la vois comme un point de départ, un moteur. J’ai encore tout à prouver, montrer que ce n’était pas un coup de chance. Mon objectif maintenant, c’est de me qualifier pour le WCT, qui rassemble les 32 meilleurs surfeurs du monde.


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Qu’est-ce que cette médaille d’or a changé dans votre vie ?

Pas mal de choses, surtout dans le regard des gens. Je ressens une vraie fierté, que ce soit chez les Tahitiens ou en métropole. Et dans le surf français, beaucoup de jeunes me prennent maintenant comme exemple. Ça me touche énormément.

Le message le plus dingue que vous ayez reçu après votre sacre ?

J’ai reçu une lettre manuscrite du président de la République. Ensuite, je l’ai rencontré. En face de lui, je l’ai tutoyé sans trop réfléchir… mais je crois que ça ne l’a pas choqué. Après ma victoire aux JO, il était fier, il avait même posté une photo sur son compte Instagram.

Quelles sont les personnes qui vous inspirent le plus ?

D’un côté, les combattants de MMA, comme Ilia Topuria. Ils s’entraînent depuis qu’ils sont tout jeunes, avec une discipline physique et mentale poussée à l’extrême. Et une fois dans la cage, la pression qu’ils gèrent est juste incomparable. De l’autre, je suis très admiratif des militaires de l’armée de l’air, que j’ai eu la chance de côtoyer. Leur aisance dans le ciel, c’est vraiment impressionnant.

Votre routine de préparation physique avant une compétition ?

Je m’entraîne avec mon kiné et des oncles qui vivent à Tahiti. Je ne vais pas du tout à la salle de sport. Je me concentre principalement sur la mobilité et la rapidité. Je fais également beaucoup d’apnée et de préparation mentale.

Quelle est la place de la visualisation dans la pratique du surf ?

Elle est énorme. Je visualise beaucoup, avant et pendant la compétition. Parfois, ça devient presque obsessionnel. La veille d’un jour important, je m’imagine déjà en train de prendre mon café, de tartiner le miel sur du pain, de saisir ma bouteille d’eau, de mettre telle wax sur ma planche… Et le lendemain, tout se déroule exactement comme je l’avais visualisé. C’est très répétitif, mais ça me met dans le bon état d’esprit.

Engagé en faveur de la protection de l’environnement, êtes-vous inquiet du comportement global de la population ?

Oui, parce qu’aujourd’hui, c’est difficile de mobiliser tout le monde et de faire comprendre à quel point c’est essentiel. De mon côté, je sais que je prends beaucoup l’avion, donc mon empreinte carbone n’est pas idéale… mais je n’ai pas vraiment le choix, c’est lié à mon métier. Sans vouloir donner de leçons, je pense que chacun peut faire un petit effort à son niveau – ne serait-ce qu’en ramassant les déchets, par exemple.


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La destination que vous aimeriez découvrir ?

Les Fidji, ou alors un pays en Antarctique. Je vais vous faire une confidence : je n’ai jamais vu la neige. Il faudra que j’essaie un jour le snowboard, mais je crois que j’aurais vraiment peur de me blesser.

Un rêve encore inassouvi ?

Devenir champion du monde.

De quoi se composent vos vacances idéales ?

Du surf, de la pêche, jouer avec mes potes et profiter de ma famille, à Tahiti.

Un conseil à ceux qui débutent dans la discipline ?

Ne jamais abandonner, parce que ce sport est frustrant. Mais gardez en tête que quand on veut, on peut. À force de persévérance, ça finit toujours par marcher !

@kaulivaast sur Instagram


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Photo de Une : © Domenic Mosqueira / Red Bull 

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