pallais galliera 18e siècle

Le 18e siècle est de retour au Palais Galliera

Le Palais Galliera ouvre ses portes à une exposition spectaculaire sur la mode du XVIIIe siècle et ses réinterprétations à travers les siècles. Du corset de Marie-Antoinette aux univers camp et queer contemporains, voilà pourquoi il faut courir au Musée de la Mode de Paris avant le 12 juillet 2026.

Gabriel Martin

On avait un peu rangé le 18e siècle dans la case « poussiéreux », entre les perruques poudrées et les manuels d’histoire. Le Palais Galliera, lui, a décidé de tout rouvrir. Avec La mode du 18e siècle. Un héritage fantasmé, le musée de la Mode de Paris propose une plongée vertigineuse dans trois siècles de réinterprétations, d’obsessions et de fantasmes vestimentaires. Et en toute honnêteté, on ne s’attendait pas à ce que ça soit aussi jouissif.

L’exposition s’articule en quatre grandes séquences, de la mode féminine des Lumières (1700-1792) jusqu’aux créations les plus récentes, en passant par la Watteaumania du 18e siècle et les utopies stylistiques d’après-guerre. Le clou du spectacle ? Le corset attribué à Marie-Antoinette, exceptionnellement sorti de sa réserve en raison de sa grande fragilité. Autour de lui, plus de 70 silhouettes dialoguent à travers les époques : des robes à la française du 18e aux pièces iconiques signées Chanel, Dior, Vivienne Westwood ou encore Dries van Noten, réunies au Palais Galliera.

La métamorphose du 18e siècle

Ce que l’exposition démontre avec brio, c’est que le 18e n’a jamais vraiment disparu. Il s’est métamorphosé, réinventé, idéalisé au gré des nostalgies collectives. Celle du Second Empire d’abord, puis celle de la couture française des années 1950 cherchant à reconquérir son prestige, et enfin celle d’une culture populaire friande de ses codes visuels immédiats : tons pastel, rubans, coiffures monumentales, la rose évocatrice de la reine.

Aujourd’hui, cette esthétique franchit une nouvelle étape : elle flirte ouvertement avec les univers kitsch, camp et queer. Le portrait de couverture, qui met en scène la drag queen Utica Queen, en est l’étendard. La scénographie signée Helft & Pinta joue sur l’effet de surprise, notamment dans la dernière salle où le visiteur se retrouve propulsé au cœur des pièces contemporaines, comme s’il défilait lui-même. Un renversement de perspective aussi malin que jouissif.

La mode du 18e siècle. Un héritage fantasmé, du 14 mars au 12 juillet 2026 au Palais Galliera, 10 avenue Pierre Ier de Serbie, 75016 Paris. Tarifs : à partir de 12€. Nocturnes les vendredis jusqu’à 21h00. Plus d’informations sur palaisgalliera.paris.fr


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Photo de Une : Palais Galliera – « La mode du 18e siècle. Un héritage fantasmé »

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