Un haut-de-forme légèrement cabossé, une cravate nouée avec un soin presque militaire, un pantalon taillé pour galoper en amazone : à première vue, ce vestiaire pourrait appartenir à n’importe quel gentleman du 19e siècle. Sauf qu’il a été porté, détourné et revendiqué par des femmes bien décidées à ne plus se laisser dicter leur garde-robe. Le Palais Galliera leur consacre une exposition qui ressemble à un manifeste : Un vestiaire à soi. Féminités dissidentes au 19e siècle, visible du 26 septembre au 14 février.
L’exposition est imaginée à la manière d’un contrepoint aux récits souvent lisses de la féminité dans les expositions de mode, en comblant un angle mort de l’histoire du vêtement. Elle raconte comment l’adoption, de plus en plus assumée, des codes vestimentaires masculins a accompagné une transformation profonde de la place des femmes dans la société du XIXe siècle, en France comme dans le monde anglo-saxon. Costumes d’amazone, pantalons, tailleurs, cravates, nœuds papillon, hauts-de-forme… Les quelque 500 œuvres réunies dessinent une garde-robe de la dissidence. Point d’orgue du parcours, un ensemble jamais montré jusqu’ici : la garde-robe de Rosa Bonheur, dévoilée dans sa quasi-intégralité, comme un autoportrait en costume.
Un dialogue entre icônes et anonymes
Voir cette publication sur Instagram
Le parcours de cette exposition au Palais Galliera ne se contente pas d’aligner des silhouettes. Peintures, affiches de mode et 150 photographies amateur inédites viennent confronter les images aux vêtements, pour mieux saisir ce que ces choix vestimentaires disaient, à l’époque, des identités de genre. On y croise Marie-Antoinette, George Sand, Rosa Bonheur ou encore Natalie Clifford Barney, figures de proue du Paris artistique et lesbien de 1900, mais aussi une multitude de femmes anonymes, actives en tailleur et bottines, saisies par la photographie vernaculaire.
Une manière d’inviter le public à s’approprier cet héritage plutôt qu’à l’admirer de loin. Car derrière les vitrines, c’est bien une question très XXIe siècle qui affleure : qui décide, aujourd’hui encore, de ce qu’un corps a le droit de porter ? Rosa Bonheur, elle, avait déjà tranché la question.
Un vestiaire à soi. Féminités dissidentes au 19e siècle, exposition du 26 septembre 2026 au 14 février 2027 au Palais Galliera, musée de la Mode de Paris, 10 avenue Pierre Ier de Serbie, 75116 Paris. Tarifs : billet solo 14€ (plein tarif), 12€ (tarif réduit) ; billet combiné 17€ / 15€. Gratuit pour les moins de 18 ans. Réservation recommandée sur billetterie-parismusees.paris.fr
Lire aussi : Quoi de neuf à la rentrée 2026 ?
Photo de Une : © Paris Musées – Palais Galliera, musée de la Mode de Paris


