Xavier Lemaître… de son destin

Il y a quelques semaines, vous avez pu découvrir Xavier Lemaître dans le film L’Adultère, diffusé sur Arte, où il donne la réplique à Isabelle Carré. Récompensé au festival de Luchon par le prix du meilleur acteur, ce talent cache une personnalité originale et séduisante.

 

Rendez-vous est pris dans une institution japonaise près de chez lui, Higuma, rue Saint-Anne. Tout souriant, il débarque avec sa carrure imposante et me raconte son parcours en avalant les gyozas. Élevé chez les Jésuites, puis chez les frères maristes à Bordeaux, il explique que son éducation repose sur le sens du travail, du devoir et du sacrifice. Des valeurs qui le suivront pendant ses études de Sup de Co à Marseille et dans sa carrière de rugbyman de bon niveau.

Un CV sans faute, un gros salaire en tant que directeur de la joaillerie chez Cartier, une vie sociale riche et diversifiée, voilà un décor de carte postale qui en satisferait plus d’un. Néanmoins, Xavier s’ennuie. Il s’ennuie tellement que Jean-Claude Brialy, qui l’a rencontré lors d’une vente de charité, lui conseille de suivre des cours de comédie. L’idée faisant son chemin, il se dit que la vie est trop courte pour travailler plus et qu’il est temps de jouer. Quitte à réussir des plaquages sur les terrains de rugby, autant tout plaquer, de façon réfléchie. Désormais, le sacrifice se fera… déguisé, à multiplier les rôles et à se faire payer pour ça.

Il nous cite bien volontiers Warren Buffett, qui pense que la clé de la réussite, c’est de trouver sa passion, avoir une activité que l’on aime pratiquer, qui nous rend enthousiaste tous les matins, et qu’il faut la faire bien. Armée de cette philosophie, Xavier organise sa nouvelle vie.

En enlevant sa cravate de cadre sup’ bien sous tous rapports, il a changé de peau, tout en restant fidèle à ses convictions : le sens du partage. Sa joie de vivre et son côté épicurien côtoient une démarche tournée vers les autres, en soutenant notamment le fonds Lecordier qui vient en aide aux femmes SDF en état de grande détresse (fondslecordier.org).

Il se définit comme ultrachanceux, bourré de joie de vivre, et il se verrait bien évoluer dans une vie de caserne, aux côtés de ceux qu’il admire : Jean-Hugues Anglade, Michel Piccoli, Yolande Moreau ou Julie Depardieu.

Se méfiant de la notoriété, ce jeune talent de 49 ans selon la police, un peu plus selon les organisateurs, n’a pas fini de faire parler de ses exploits. Il lui reste une très grosse troisième mi-temps.

xavierlemaitre.com

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