expositions janvier 2024

Les expositions à voir en janvier 2024

Parce qu’une œuvre d’art n’existe qu’à partir du moment où elle est regardée, voici notre sélection des expos les plus affriolantes à voir en janvier 2024.

Fabrice Bourland

Corps étranges

 

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Depuis plus de 40 ans, le sculpteur Antony Gormley, érudit et penseur, explore les relations du corps humain avec le cosmos qui l’entoure. Intitulée Critical Mass, cette passionnante rétrospective se déploie dans tous les coins et recoins de l’hôtel Biron – espaces d’exposition temporaire, galerie des marbres, salles des collections permanentes, jardin…

Des œuvres significatives du Britannique de 73 ans célébré dans le monde entier – en particulier l’installation principale de l’expo, Critical Mass II (1995), composée de 60 sculptures fantomatiques – dialoguent avec celles d’Auguste Rodin, invitant le visiteur à s’interroger sur les conceptions esthétiques de ces deux grands artistes et à établir entre eux des rapprochements parfois inattendus.

Antony Gormley, Critical Mass, jusqu’au 3 mars 2024 au musée Rodin. Plein tarif : 13 €. musee-rodin.fr

Le sens du grotesque

Originaire de la banlieue de Détroit, l’artiste américaine Dana Schutz présente ses œuvres à Paris dans une rétrospective digne des plus grands. Si, en France, son nom ne résonne pas encore dans les têtes des amateurs d’art, les 20 ans de carrière de la quadragénaire ont suffi outre-Atlantique à lui asseoir une solide réputation.

Pour réparer cette injustice, l’exposition du MAM propose une quarantaine de peintures, une vingtaine de dessins et de gravures, et six sculptures dont plusieurs n’ont jamais été montrées au public. Des œuvres aux formats très divers, au style coloré et acerbe, qui questionnent aussi bien la notion de beauté que celle de ridicule et contribuent à éclairer notre condition humaine en ce début de XXIe siècle.

Dana Schutz, le monde visible, jusqu’au 11 février 2024 au musée d’Art moderne de Paris. Plein tarif : 12 €. mam.paris.fr

Cameron, la précurseuse

 

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Peu de photographes du XIXe siècle ont suscité autant d’attention que Julia Margaret Cameron. Son approche de la technique, décriée par ses contemporains, s’est affirmée comme la marque d’un style précurseur, intégrant de manière novatrice l’imperfection et l’accident. Originale et hors du temps, l’œuvre, réalisée entre 1864 et 1875, représente l’une des meilleures illustrations du souffle épique des débuts de la photo.

Produite par le Victoria and Albert Museum, cette rétrospective, la première de cette ampleur consacrée en France à Julia Margaret Cameron, dévoile une centaine de clichés, de ses premières expérimentations aux compositions historiques, littéraires ou allégoriques.

Julia Margaret Cameron – capturer la beauté, jusqu’au 28 janvier 2024 au musée du Jeu de Paume. Plein tarif : 12 €. jeudepaume.org

Valadon, peindre le réel

Si le travail de Suzanne Valadon (1865-1938) fut très tôt apprécié par la critique, les institutions et même ses pairs, on connaît surtout aujourd’hui l’artiste peintre par le prisme du « trio infernal » qu’elle a formé à Montmartre avec son second mari, André Utter, et Maurice Utrillo, né de ses amours avec Miquel Utrillo.

De même, ses relations passionnées avec plusieurs figures majeures de la bohème, dont Erik Satie, ont quelque peu fait écran à l’analyse détaillée de son œuvre. Pour combler cette lacune, l’exposition du musée d’Arts de Nantes, initialement imaginée par le Centre Pompidou-Metz, retrace la destinée unique de cette autodidacte hors norme, dont l’indépendance vis-à-vis des avant-gardes lui vaut une juste reconnaissance dans l’histoire des arts.

Suzanne Valadon : un monde à soi, jusqu’au 11 février 2024 au musée d’Arts de Nantes. Plein tarif : 9 €. museedartsdenantes.nantesmetropole.fr

Peinture vs photographie

 

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Dès son apparition au XIXe siècle, la photographie a revendiqué un statut d’art à part entière, obligeant la peinture, jusque-là miroir du tangible, à se redéfinir et les artistes à développer de nouveaux styles, à l’instar de Francis Bacon, qui contorsionne la réalité pour révéler les « pulsations » du modèle, ou encore Picasso, qui déconstruit les perspectives linéaires.

Dans cette exposition à la Tate Modern, le visiteur explore la relation dynamique entre ces deux médiums à travers quelques œuvres emblématiques, des toiles expressives de Paula Rego aux photographies saisissantes de Hiroshi Sugimoto et Jeff Wall, des peintures pop de Pauline Boty aux sérigraphies d’Andy Warhol, en passant par les compositions photoréalistes de Gerhard Richter ou les panoramiques à grande échelle d’Andreas Gursky.

Capturing the Moment, jusqu’au 28 janvier 2024 à la Tate Modern (Londres). Plein tarif : 20 £. tate.org.uk

Mais aussi…

• Naples à Paris, jusqu’au 8 janvier 2023 au Musée du Louvre (17 €) ;
• Chagall, Paris-New York, jusqu’au 14 janvier 2024 à l’Atelier des Lumières (16 €) ;
Carolyn Drake, Men Untitled, jusqu’au 14 janvier 2024 à la Fondation Henri Cartier-Bresson (10 €) ;
Nicolas de Staël, jusqu’au 21 janvier 2024 au musée d’Art moderne (11 €) ;
Van Gogh à Auvers-sur-Oise, jusqu’au 4 février 2024 au musée d’Orsay (16 €) ;
Viviane Sassen – Phosphor : Art & Fashion 1990-2023, jusqu’au 11 février 2024 à la MEP (12 €) ;
Corps à corps, Histoire(s) de la photographie, jusqu’au 25 mars 2024 au Centre Pompidou (15 €) ;
• Gengis Khan, comment les Mongols ont changé le monde, jusqu’au 5 mai 2024 au musée d’Histoire de Nantes (9 €).


Lire aussi : La Maison Valmont s’expose à Venise


Photo de Une : ANTONY GORMLEY, Compact, 2022. Fonte, 176 x 35,5 x 52,2 cm. Photographie de Stephen White & Co. © The artist.

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