1. Canada, yes Yukon !
Déployé au nord-ouest du Canada, ce territoire sauvage aussi vaste que l’Espagne héberge moins de 40 000 âmes. À travers le hublot de l’avion, déjà, la terre s’étale en couleurs lavées, en lacs gelés et en forêts d’épinettes. On peut parcourir des centaines de kilomètres sans jamais croiser personne. C’est ici que culmine, à 5 959 mètres, le mont Logan, plus haute vigie du Canada. Ici aussi que la température la plus basse d’Amérique du Nord, –63 °C, fut mesurée en 1947. Les rares touristes, trop heureux de s’ébattre seuls dans cette immensité blanche, s’adonnent à la randonnée, au traîneau à chiens ou à la baignade dans des sources d’eau chaude. Parfois, ils s’arrêtent pour contempler les loups, bisons, grizzlis et caribous qui gambadent en liberté, ou les aurores boréales.
Entre deux explorations, pause à Whitehorse, la chaleureuse « capitale », avec son immeuble de quatre étages, son antique bateau à roue, ses fresques géantes qui relatent la ruée vers l’or du Yukon à la fin du XIXesiècle. Les orpailleurs, pieds en sang, arpentaient alors le territoire. Eux aussi auraient bien aimé garder ce secret pour eux.
L’EXTASE : la Dempster Highway figure parmi les plus belles routes du monde, 740 kilomètres jusqu’à l’océan Arctique à travers une nature intacte, avec franchissement du cercle polaire !
Informations touristiques : travelyukon.com
2. Écosse, avec ou sans glace ?
Les oiseaux volent moins de 200 kilomètres plein ouest pour venir depuis Glasgow. Les automobilistes, eux, comptent six heures, ferry compris, avant de débarquer sur ce caillou. Ses 215 habitants se partagent le territoire (367 km²) avec 6 000 cerfs et daims.
Sur Jura, une seule route, un village – Craighouse –, un hôtel – le Jura, qui dispose de 17 chambres –, une épicerie et une distillerie de whisky. Le thermomètre affiche 15 °C quand l’été devient torride. Balade main dans la main ou rando pour mollets aguerris, prière d’aimer le grand air et la faune peu craintive. Ne pas oublier le pull en laine Shetland.
En chemin, halte à Barnhill, le cottage où George Orwell s’isola pour écrire 1984, puis à la distillerie Jura, qui fabrique l’un des meilleurs single malts. La visite dévoile la saga de la Maison créée en 1810, la magie des eaux de pluie, la distillation, la « part des anges » (l’inévitable évaporation de l’alcool). De retour à l’hôtel, pause au bar. Le whisky, avec ou sans glace ? Seuls les anges savent s’il s’agit d’une provocation ou d’une exaltation de leur divine boisson.
L’EXTASE : en surplomb d’une plage, regarder les guillemots danser avec le vent pendant que l’océan bat le rythme du temps.
Hôtel Jura, environ 250 € la nuit en chambre double, petits déjeuners compris (jurahotel.co.uk). Informations touristiques : visitscotland.com
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3. France : Chausey, l’archipel oublié
L’archipel de granit recèle bien des surprises, à commencer par sa constitution générale, qui adresse un clin d’œil au calendrier grégorien : 365 îlots à marée basse, comme autant de jours, 52 à marée haute, comme autant de semaines. Sur le plus grand de ces confettis, une dizaine d’habitants résident à l’année. Pas de voitures, ni d’école, de pharmacie ou de mairie. Seulement de petites maisons basses, aux côtés desquelles s’épanouissent chardons bleus, œillets de France et géraniums sanguins.
À signaler tout de même une étonnante épicerie-boulangerie-tabac-presse-librairie-rôtisserie-boutique de souvenirs destinée à ravitailler les Robinsons de passage. Au rapport également : un unique hôtel, pourvu de huit chambres coquettes et d’un restaurant offrant une vue imprenable sur le grand large. Au loin, les vedettes débarquent de Saint-Malo, Dinard ou Granville, parfois escortées par des dauphins qui frayent avec phoques, homards bleus ou pingouins torda. Cet environnement sans pareil donne un aperçu de ce à quoi le monde ressemblerait s’il acceptait enfin de respirer.
L’EXTASE : à marée montante, s’asseoir sur les rochers polis face au large. L’eau gronde, la lumière change, les îlots se disloquent lentement. Le temps d’un instant, on croit voir la mer recomposer le monde.
Informations touristiques : tourisme-granville-terre-mer.com
4. États-Unis, les glaciers de glacier
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Un gros million d’habitants vivent dans cet État à peine plus petit que la France. Ici, les ranchs font la taille d’un département, on débarque au saloon en santiags et Stetson, et le supermarché vend aussi bien des steaks XXL que des éperons et des chemises à carreaux.
Ce western d’altitude tient sa pépite : Glacier National Park, dessiné dans les Rocheuses, entre Missoula et le Canada. Depuis 1910, le Montana y protège sa montagne griffée de vallées encaissées. Une route de vertige, la bien nommée Going-to-the-Sun, virevolte sur 85 kilomètres entre canyons, cascades et lacs, avec une dizaine de sommets à plus de 3 000 mètres d’altitude. Sublime.
Le parc ouvre fin mai-début juin, après la fonte des neiges, mais garde des températures frisquettes : 10 °C pour l’eau des lacs au plus chaud de l’été. Au fil des 1 127 kilomètres de sentiers de randonnée, on croise le monde sauvage, caribou, cerf, aigle, mouflon, grizzli et même loup. Ajouter à cela le ciel immense, les glaciers juste pour soi et le style trappeur qu’on s’inventait gamin.
L’EXTASE : la chasse est interdite dans le parc, mais pas la pêche (gratuite). Lancer la mouche dans un torrent, sortir une truite, faire le fier. Selfie. La relâcher, évidemment.
Droit d’entrée : environ 100 $ par personne. recreation.gov ; informations touristiques : office-tourisme-usa.com
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Photo de Une : Jura © Mark Atkinson



