Isabelle Farrugia

Retenez bien son nom. Ses créations de python deviennent peu à peu des « it » chez les plus expertes en la matière.

Aude Bernard-Treille

interview décousue

Sa devise était « jamais trop mince, jamais trop riche »… Après 30 ans dans la com, cette dingue de sacs abandonne son job pour se consacrer à sa passion. À 50 ans, elle prend un virage à 180 degrés, décidant de faire enfin ce qu’elle souhaite, en prenant le temps. Elle a vécu des tas d’expériences et rencontré beaucoup de monde dans son ancienne vie, alors il était temps de démarrer une autre aventure. Pourquoi les sacs ? Parce qu’en acheter l’a toujours rendue heureuse. Elle les collectionne ! C’est comme le chocolat pour certains, à tel point que son mari, Dominique, lui rappelle « qu’elle a le PIB de l’Afrique dans son armoire » ! Elle avait aussi besoin d’un sac qui corresponde à ses attentes, et puisqu’on n’est jamais aussi bien servi que par soi-même, elle s’est lancée… Pour réaliser le sac de ses rêves. Une fille a toujours un sac, il persiste un côté mystérieux car personne n’ose regarder le contenu d’un sac de fille. Une psy lui a même dit un jour que le sac « pouvait représenter la mère, avec la poche dont tout le contenu s’analyserait »… Je vous laisse réfléchir à cette symbolique. Son style ? Plutôt rock intemporel, cette femme de goût au sens pratique, qui dut longtemps porter des tenues sophistiquées, aime adopter aujourd’hui une garde-robe plus décontractée. Elle adore Zara car elle y trouve tout et qu’elle « n’a pas mal au ventre en n’y lâchant pas le prix d’un rein ! »

SON REGARD SUR LA MODE

Trois adjectifs pour définir vos sacs ?
Rock, ultra-pratiques, légers.
Ils sont tous fabriqués avec des cuirs exotiques à Bali et notamment du python qui se patine avec le temps, et qui ont un toucher absolument parfait. Malgré leur souplesse incroyable, ils sont très résistants.

Vos meilleures sources d’inspiration créative ?
Ma vie quotidienne, car je fabrique d’abord pour moi, en fonction de mes besoins et la magie fait que ça plaît aux autres ! Par exemple le portefeuille Winnie qui permet de voir d’un coup d’œil toutes ses cartes en même temps, ou les trousses make-up avec le miroir et des compartiments, sont des produits qui connaissent un grand succès.

Qu’est-ce qui est le plus compliqué dans la mode ?
Pas grand-chose car depuis que je me suis lancée, il y a beaucoup de bienveillance autour de moi. Je n’ai pas de boutique, je propose des modèles avec une déclinaison de soixante coloris, les femmes viennent à mon show-room et je les reçois dans cet appartement, c’est un peu la bonne adresse qu’on se refile entre copines…  Pour la production, puisque le python est une espèce protégée et très réglementée, je n’exporte que par vague de 500 pièces à chaque fois. Il y a ainsi une forme de rareté. Je n’ai pas d’intermédiaire donc le sac le plus cher est à 800 euros.

Votre définition de l’élégance ?
C’est un mélange de sobriété chic avec un petit grain de folie qui n’est pas visible tout de suite.

Un succès mode qui vous laisse plus que perplexe ?
Les jupes-culottes pour les mecs m’ont toujours interpellée, et les chaussures sabots… Importables. Même un cheval ne les aurait pas mises !

Quel est le truc à la mode que vous aimez chez les autres, mais pas sur vous ? 
Il y a des tailleurs sublimissimes avec des pantalons cigarette à tomber par terre, mais ce ne sera jamais pour moi car je suis plutôt de type méditerranéenne, gynoïde… Et je n’ai pas des jambes de 4 mètres de long.

Quel est le plus grand défaut des créateurs en général ?
De se la péter, trop de prétention… Le talent n’exclut pas l’humilité.

Si vous deviez vider votre sac au figuré ce serait pour dire quoi ?
Qu’il y a urgence à apprécier chaque minute de nos vies. Et il est urgent de s’aimer. Il ne faut pas perdre son temps sur des choses inutiles. Vive la bienveillance, la gentillesse. Nous avons besoin de plus de sérénité !

Et au sens propre, si vous vidiez votre sac, qu’est-ce qu’on trouverait toujours ? 
Un bonnet parce que j’ai les cheveux qui frisent. Et forcément mon téléphone aussi !

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