exposition révéler le féminin

Révéler le féminin : l’exposition qui nous a rappelé pourquoi on aime la mode

Le musée Cognacq-Jay s’associe au Palais Galliera pour l’exposition Révéler le féminin qui plonge dans les représentations de la féminité au siècle des Lumières.

Gabriel Martin

Satin froissé, broderies d’or, regards qui traversent les siècles… Entrer dans l’exposition Révéler le féminin au musée Cognacq-Jay, c’est se retrouver face à des femmes qui avaient compris, bien avant les réseaux sociaux, que l’apparence est un langage. Et quel langage !

L’exposition, montée en collaboration avec le Palais Galliera, explore les représentations de la féminité au XVIIIe siècle à travers un parcours en six salles où portraits, scènes galantes et pièces textiles d’époque se répondent avec une fluidité déconcertante. On y croise les pinceaux de Nattier, Vigée Le Brun ou Labille-Guiard, des artistes qui avaient le don rare de rendre visible autant l’éclat des étoffes que la profondeur des âmes. Vigée Le Brun, fille d’une coiffeuse et d’un peintre pastelliste, avait la grâce féminine dans le sang ; Labille-Guiard, fille d’un marchand-mercier, puisait dans ce milieu son goût affûté du luxe et du costume. Des biographies qui éclairent leurs toiles d’une lumière nouvelle.

De Watteau à Karl Lagerfeld, la féminité comme théâtre

Mais l’exposition Révéler le féminin ne s’arrête pas aux codes de l’aristocratie. Elle embarque aussi dans l’univers fantasmé des fêtes galantes de Watteau et des pastorales de Boucher, où des bergères vêtues de soie et de velours évoluent dans une nature qui ne sent pas vraiment le foin. Une féminité rêvée, théâtralisée… et délicieusement artificielle.

Ce qui rend le parcours vraiment singulier, c’est son contrepoint contemporain : des photographies de Steven Meisel, Valérie Belin et Esther Ségal, ainsi qu’une création Chanel signée Karl Lagerfeld, viennent interroger la persistance de ces codes dans la mode d’aujourd’hui. La scénographie, épurée, joue des couleurs salle par salle et ponctue l’espace d’un jeu de miroirs qui renvoie silhouettes et richesse des matières. Un dispositif qui fait imperceptiblement du visiteur lui-même un sujet de l’exposition.

Révéler le féminin. Mode et apparences au XVIIIe siècle, Musée Cognacq-Jay, 8 rue Elzévir, 75003 Paris. Jusqu’au 20 septembre 2026. En collaboration avec le Palais Galliera. Plus d’infos sur museecognacqjay.paris.fr


Lire aussi : Le 18e siècle est de retour au Palais Galliera


Photo de Une : Jean-Charles Nicaise Perrin, Portait de Madame Perrin, 1791 © Musée des arts et de l’archéologie de Valenciennes – Photo Thomas Douvry

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