Le mouvement tend à s’installer chez les professionnels du bar depuis quelques années : les « french cocktails » à base d’ingrédients 100 % français. Les « coquetels », dirait l’un des pionniers en la matière, Stephen Martin, meilleur mixologiste 2009, qui les avaient ainsi rebaptisés dans son établissement À La Française.
Quand on parle cocktails, on englobe bien sûr les plus célèbres qui relèvent davantage des longs drinks tels les indétrônables spritz et mojito, toujours en tête du palmarès. Rhums, gins et vodkas tiennent souvent le haut de l’affiche et, en la matière, l’offre nationale n’a cessé de s’accroître ces dernières années, de quoi « cocktailiser » français.
On dénombre aujourd’hui plus d’une centaine de distilleries produisant du gin. Les french vodkas, avec les locomotives Grey Goose à base de blé et Cîroc à base de raisin, élaborées en terre charentaise, n’ont cessé de progresser au point de devenir le deuxième spiritueux exporté derrière le cognac. Le moscow mule a d’ailleurs toujours le vent en poupe, même s’il est conjugué à tous les spiritueux.
Les Antilles au parfum
Quant aux rhums, une majorité de ceux consommés en France proviennent toujours de nos territoires d’outre-mer, en particulier des Antilles françaises, Martinique et Guadeloupe pour les rhums agricoles, et de la Réunion pour les rhums de mélasse, même si Tahiti produit également depuis quelques années un excellent rhum agricole Mana’o.
Sans compter la floraison des rhums arrangés avec désormais une soixantaine de marques, la plupart étant élaborés à partir de rhums antillais ou réunionnais, mais sur le sol de la métropole (Ti Ced’ en Loire-Atlantique, MaloRhum en Bretagne, Arhumatic dans le Nord…).
Quant aux liqueurs et crèmes de fruits, c’est l’une des rares catégories de spiritueux qui résistent encore à la crise. « On assiste à un zapping croissant des consommateurs de moins en moins fidèles aux marques et de plus en plus intéressés par l’expérience et la mixologie, ce qui explique d’ailleurs le succès des liqueurs, des spritz et des rhums arrangés », commente l’ancien président de la Fédération française des spiritueux Jean-Pierre Cointreau.
Même le cocktail sans doute le plus frenchy à base de pastis (mauresque, tomate ou perroquet), une catégorie en passe d’être doublée par les gins, tente un retour en force sur les terrasses, et pas seulement du Sud.
Le vin s’y met
Les liquoristes ne cessant d’étoffer leur gamme, la diversification (pardon, le « twistage ») est infinie, n’en déplaise au chanoine Kir, promoteur de l’aligoté-cassis qui a fait pendant près d’un demi-siècle les beaux jours de l’apéritif. Actuellement, le sureau est le moteur de croissance de la catégorie. Car au-delà des spiritueux, le vin se met aussi aux cocktails.
L’Association des vins de France promeut depuis plusieurs saisons auprès des 18-30 ans le chardo mule (chardonnay, ginger-beer et citron vert sur glace). Le rosé pamplemousse tant décrié peut être délicieux si vous prenez un bon rosé de Provence plutôt sec additionné d’une véritable crème de pamplemousse de Giffard, Vedrenne ou Cartron.
Le champagne et les crémants ont également leur carte à jouer dans l’univers cocktails : la célèbre soupe champenoise (champagne, jus de citron et triple sec – Cointreau ou Grand-Marnier) est aisément déclinable dans toutes les régions productrices de bulles. Rappelons également que le spritz peut se moduler en french version, un bon crémant, une clairette de Die ou de Limoux pouvant parfaitement remplacer un prosecco.
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Photo de Une : image illustration Canva
Article initialement publié le 18 juillet 2024, mis à jour le 4 septembre 2025.




