Il y a des plaisirs qui se susurrent à voix basse, des envies qui ne s’expliquent pas, une attirance qu’on ne contrôle pas. Ces gourmandises de fêtes se croquent à la dérobée et attisent nos émotions. Objets de convoitise, elles sont de ces petites attentions qu’on offre sans compter.
Les gourmandises de fêtes à Paris et ses alentours
Dans ses boutiques franciliennes, Patrick Roger ose la Sexbar. Si elle provoque sous sa guêpière noire et les couleurs flashy de son nom, n’y voyez pas de connotation sexuelle, mais plutôt un rapport au dessin et à la sculpture. La barre joue le jeu de l’artiste et se dévoile quand on l’effeuille, comme le modèle pour un nu. « Je voulais une barre brute, saine, durable, qu’on puisse avoir dans sa poche hiver comme été. Si elle se déforme avec la chaleur, elle se tient, se rapproche de la sculpture. J’aime l’idée de l’emballage qui interpelle et que l’on doit retirer pour révéler la matière. » La dégustation, quant à elle, est intense, presque mystique. On se balade entre cacao, notes de miel et craquant des fruits secs. L’art et le chocolat se rejoignent, absolus, sensuels, troublants.
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Et que dire du corps-à-corps auquel on se livre en croquant dans un Mini M, ce mini-moelleux imaginé par Nicolas Paciello, entre madeleine et financier généreusement garni. « J’ai rêvé d’un gâteau cadeau qui me ressemble. Je le voulais régressif, bien sûr, mais surtout attirant, intrigant et très gourmand. C’est mon bouquet de fleurs à moi », confie le chef pâtissier. Le Mini M – pour « mini-moelleux » – est aussi mini-mignon et mini-miam… Sa forme ronde en fait une boule de Noël à croquer, à disposer en centre de table pour glisser doucement vers le plaisir.
Ailleurs en France
Côté séduction, les régions ne sont pas en reste. À Dijon, Fabrice Gillotte exalte nos fantasmes avec ses flans individuels, qu’il imagine non pas en part mais tout en rondeur, à l’image de sa pâtisserie. Dans sa boutique Beurre Noisette, le flan se fait romantique. On l’aime avant tout pour son goût, mais aussi pour la douceur de ses formes. Reflet de nos envies, il devient ce petit gâteau qu’on s’offre en solitaire pour se réconforter pendant les préparatifs de Noël. « La pâte feuilletée est très cuite et contraste avec l’appareil fondant. Si la vanille est notre best-seller, j’aime travailler les goûts en suivant les saisons : framboise, cassis, mais aussi caramel ou noisette », précise le MOF pâtissier chocolatier.
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En descendant vers Roanne, on doit à Ulysse Pralus l’éphémère paille d’or qu’il aime décliner à l’infini : framboise mais aussi poire, abricot ou encore citron. Ici, la pâte feuilletée caramélisée se prête à l’effeuillage. Si on retombe en enfance le matin de Noël, on se laisse aussi aller dans les affres d’une gourmandise débridée.
En remontant vers l’Alsace, l’étreinte se termine à l’Atelier Haeberlin avec, fêtes obligent, le bretzel au chocolat signé Jimena Cano Hainigue et Pascal Hainigue, un praliné pensé pour être savouré et pourquoi pas accroché au sapin en guise de décoration. « Nous voulions réinterpréter le bretzel de notre région. Nous l’avons imaginé comme un ruban dans lequel on trouve un caramel tendre au sel de Maldon, des éclats de mini-bretzel salé et un praliné noisette, le tout enrobé de notre chocolat noir signature. » Envie ultime, ce bretzel inattendu nous possède, nous ensorcelle.
Ces gourmandises de fêtes nous transcendent, on leur résiste, puis on leur cède dans une pulsion irrépressible. On frissonne, on craque, on dévore, sans excuse, sans nappe, avec les doigts dans un plaisir égoïste. Succomber n’est-il pas le propre des fêtes ?
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Photo de Une : Nicolas Paciello




