commanderie de peyrassol

De la vigne à l’œuvre

Depuis 25 ans, Philippe Austruy façonne La Commanderie de Peyrassol en une destination singulière, où vignoble, art contemporain et hospitalité dialoguent dans un même élan. Le récit d’une métamorphose patiente, guidée par l’intuition et le goût du beau.

Karine Révillon

Il y a des lieux que l’on acquiert… Et d’autres que l’on révèle. Depuis 25 ans à La Commanderie de Peyrassol, l’histoire écrite par Philippe Austruy raconte moins une acquisition qu’une transformation : celle d’un domaine viticole devenu une destination œnotouristique majeure, où vignoble, art contemporain et gastronomie composent un art de vivre au cœur de la Provence.

Bien avant l’achat, il y a un imaginaire, celui de l’enfance. « J’avais des rêves, pas des ambitions », confie-t-il. Parmi eux, celui d’avoir des vignes. D’abord tourné vers Bordeaux, il ne trouve pas d’écho : trop cher, trop figé, ou dépourvu d’un critère essentiel – la beauté. Puis survient la découverte de la Commanderie de Peyrassol, fondée au XIIIe siècle par l’Ordre des Templiers. Le coup de cœur est immédiat : « C’était une belle endormie. Et moi, je voulais la réveiller. »

Les premières années sont celles d’un chantier d’ampleur : caveau, bastide, toitures, restanques… tout est repensé dans le respect de l’esprit du lieu. Son neveu, Alban Cacaret, le rejoint dans l’aventure. Les vignes sont replantées, une nouvelle cave construite, la bastide restaurée et agrandie avec retenue. Les architectures contemporaines assument leur présence face aux bâtiments historiques : « Je voulais un équilibre entre authenticité et création, avec l’impression que tout a toujours été là. »


Lire aussi : Œnotourisme : Ici commence la vraie Provence


Quand l’art s’invente dans les paysages

À cette vision s’ajoute, presque par hasard, l’art contemporain. Collectionneur depuis les années 1970, Philippe Austruy n’envisage pas d’emblée d’exposer sur le domaine.

Une première sculpture, puis une autre, et l’évidence s’impose. Les œuvres investissent paysages et bâtiments : « Ce ne sont pas des objets que j’expose, ce sont des émotions que je partage. » La collection s’enrichit d’artistes majeurs – Daniel Buren, Jean Dubuffet, Niki de Saint Phalle, Dan Graham, Carsten Höller, Bertrand Lavier, Richard Long – et se déploie dans un parc de sculptures repensé, accompagné de nouveaux espaces d’exposition.

Pour célébrer les 25 ans du domaine, un parcours entièrement renouvelé donne à voir la collection de Philippe Austruy, forte d’environ 500 œuvres, dont une large part est présentée in situ. Trois séquences structurent la visite : l’Antichambre, première approche d’une dizaine de pièces emblématiques, dont François-Xavier Lalanne ; un nouvel accrochage au Centre d’art réunissant une quarantaine d’œuvres, de Frank Stella, Robert Rauschenberg ou Olga de Amaral ; enfin, une visite guidée dévoilant pour la première fois une partie des réserves, avec près de 80 pièces rarement exposées, parmi lesquelles des œuvres majeures en peinture, sculpture et photographie.

Jusqu’au 30 septembre. peyrassol.com


Lire aussi : Peyrassol, le goût de bien vivre


Photo de Une : © C. Goussard

Partager cet article

A lire aussi
porquerolles classic

Porquerolles Classic, là où le temps prend le large

Entre yachts centenaires, lumière blanche et chronométrie sans urgence, Porquerolles rappelle qu’il existe encore des endroits où l’on ne porte pas toujours une montre pour courir après le temps. La Maison Herbelin y dévoile sa nouvelle Cap Camarat Diver en titane, conçue pour ceux qui préfèrent les caps.

deliveroo pépites du quartier

Deliveroo signe le retour de ses Pépites du Quartier

Pour sa 3e édition, Deliveroo enterre le classement de la « meilleure pizza » ou du « meilleur burger » au profit d’une carte des envies : pourquoi, quand et comment on craque pour une livraison. Votes ouverts du 21 septembre au 4 octobre 2026, avec des cadeaux à la clé.