Marcus Coates Ruinart

L’hommage à la nature de Marcus Coates et Ruinart

Cette année, la Maison Ruinart a donné carte blanche non pas à un artiste, mais à six passionnés de la nature. Parmi eux, Marcus Coates, peintre, photographe, sculpteur, vidéaste, scientifique, ornithologue et poète, s’est attaché à décrypter la biodiversité champenoise pour la retranscrire dans son Calendrier de la nature.

Frédérique Hermine

Marcus Coates, vous considérez-vous comme un artiste engagé ?

Je me sens surtout porteur d’une responsabilité par une nouvelle forme artistique positive. Pour que la culture soit plus en adéquation avec ce qui se passe aujourd’hui. Pour agir, trouver une langue commune différente, comme les chants des oiseaux qui permettent d’interagir avec les autres, avec d’autres cultures du monde. La nature peut jouer un rôle plus important dans les échanges, au-delà des mots. D’où l’importance des rituels. Si tous les jours on ouvre le Calendrier de la nature, je pense que cela aidera à changer sa façon de voir les choses. C’est un compagnon de vie qui peut jouer sur son mode de penser, sensibiliser à l’environnement.

Pensez-vous agir sur le bien-être humain ou sur le développement durable ?

Si l’on pense à l’humain, on pense à la nature, c’est indissociable. Mais mon travail est plus tourné vers l’environnement, car, lorsqu’on parle de notre environnement, on parle vraiment de soi et on s’éduque. Amplifier ce que je ressens est une sorte de motivation intuitive et émotionnelle. Plus que l’art en soi, mon médium et ma matière première sont l’empathie. Et créer cette empathie avec la nature, les arbres, les animaux, est un art. Avec l’humain, c’est souvent plus compliqué.

Comment avez-vous travaillé concrètement sur cette carte blanche que vous a proposée Ruinart ?

Je voulais aider Ruinart à créer des connexions différentes avec son environnement et, pour cela, d’abord apprendre à le connaître. J’ai effectué beaucoup de recherches, parlé avec des gens de la Maison comme Victor Gandon et Diane de Chevron Villette, chargés du développement durable, mais également avec tous ceux qui sont impliqués dans les vignes, en lien avec le raisin, la dégustation, l’assemblage, comme le chef de cave Frédéric Panaïotis avec qui j’ai suivi tout le process.

Je ne connaissais pas la Champagne auparavant. La région abrite une grande diversité d’habitats, et j’ai dû m’attacher à comprendre comment les écosystèmes jouaient sur le vin. Je suis venu à deux saisons très différentes, au printemps et à l’automne, pour observer les grands changements dans la nature. J’ai adoré récolter et trier les raisins, j’ai vraiment eu l’impression de coopérer avec la nature.

Pour réaliser un calendrier sur 365 jours, comme une éphéméride, j’ai complété mes propres observations à partir de l’inventaire de la biodiversité réalisé par Ruinart et avec mes rencontres, notamment avec les naturalistes de la région. J’ai aussi travaillé avec un mycologue local pour identifier les champignons en forêt, avec un ornithologue pour les oiseaux. Telle une araignée, j’ai tissé un réseau d’observateurs et de scientifiques pour répertorier la faune et la flore d’ici.

 

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Avez-vous eu l’occasion d’échanger avec les autres artistes « carte blanche » de Ruinart ?

Tous les artistes se sont rencontrés dans les vignes pour comprendre le process du champagne, des vendanges jusqu’à l’embouteillage… et à la dégustation bien sûr. Ce qui est intéressant, c’est de voir qu’à partir du thème commun de la nature, nous avons cheminé de manières différentes. Certains avaient une approche plus politique, d’autres plus scientifique. Certains étaient très dynamiques, d’autres plus discrets. Cela a donné finalement une approche communautaire plus ambitieuse et nourri les conversations.

Comment voyez-vous le lien entre le luxe et l’environnement ?

Le lien est complexe. Il est vrai que le luxe vend de l’individualité et favorise l’élitisme. Pour moi, c’est ce qui nous éloigne de la nature. Mais j’ai accepté de travailler avec Ruinart, car je suis persuadé que l’on peut changer cette vision. Et la philosophie de la Maison est conduite par une véritable conscience écologique pour préserver la biodiversité, comme dans le vignoble de Taissy et la forêt de Montbré.

Il ne faut pas oublier que, pour produire des raisins, la vigne a besoin d’insectes, d’oiseaux, de chauve-souris, de champignons, toute une faune et une flore qui la protègent. Il faut resituer l’intérêt économique dans la préservation de l’environnement. Je suis convaincu que cette coopération entre luxe et nature peut avoir un impact positif sur les comportements culturels et sociaux.

 

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Avez-vous un animal champenois préféré ?

L’alouette, car c’est l’un des oiseaux qui vole le plus haut dans le ciel. Elle peut chanter pendant 30 minutes sans se répéter. C’est inspirant pour un artiste de voir un animal inventer sans cesse.

Avec qui aimeriez-vous partager un verre de champagne Ruinart ?

J’aimerais tout simplement faire découvrir la Champagne à ma compagne. Cette région est tellement romantique, en particulier pour boire du champagne dans les vignes après de longues balades, loin des conventions. Après plusieurs séjours ici, je commence à saisir les subtilités des arômes entre les cuvées, comme dans une forêt avec les différentes essences de bois. Chaque arbre a un impact sur la biodiversité, et comprendre celle-ci offre un tableau complet qui permet d’en apprécier toutes les nuances.

ruinart.com


Lire aussi : Quand Ruinart s’associe à une gastronomie engagée


Photo de Une : Marcus Coates (c) Frédérique Hermine

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