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La Kasbah d’If, oasis discret au cœur du désert d’Agafay

Aux portes du désert d’Agafay, la Kasbah d’If a ouvert ses portes en toute discrétion en 2025. Cette adresse cinq étoiles volontairement confidentielle, à rebours des hôtels spectaculaires qui fleurissent dans la région, cultive un luxe discret enraciné dans l’âme berbère.

Gabriel Martin

Au Maroc, la Kasbah d’If surgit comme un mirage parfaitement maîtrisé. Aux portes du désert d’Agafay, cette nouvelle adresse cinq étoiles, inaugurée en toute discrétion à l’été 2025, cultive l’art de la rareté et du silence minéral. Un lieu pensé comme une destination en soi, confidentielle, presque secrète… et c’est précisément ce qui fait son charme.

Sur la route qui quitte Tahannaout vers l’ouest, le décor hésite entre friche industrielle et immensité rocailleuse. Puis, posée sur un promontoire, une silhouette s’impose. Douze tours crénelées aux reflets rubis, ceintes d’un écrin végétal inattendu, flottent entre ciel et désert. La Kasbah d’If se mérite : on n’y entre que si l’on y dort ou si l’on a rendez-vous au spa. Même ses restaurants restent l’apanage des résidents. Une forteresse, au sens presque littéral.

Un rêve transmis

À l’origine, il y a le rêve d’un homme de médias, Mohamed Ifkiren, désireux de recréer la kasbah de son enfance à Tinghir. Le chantier débute en 2004, colossal, peut-être trop pour un seul homme. En 2019, il passe le relais à Nadia et Pierre, un couple franco-marocain qui reprend le projet et le transforme en hôtel cinq étoiles. Ils mobilisent alors 150 artisans — maâlems du bois et de la pierre, artisans ayant œuvré sur le ksar d’Aït Ben Haddou — pour agrandir, renforcer, restructurer et surtout ouvrir cette citadelle sur l’extérieur. Une audace, quand on sait que les kasbahs étaient historiquement conçues comme imprenables.

 

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À l’intérieur, l’âme berbère dialogue avec des influences venues d’ailleurs. Tapis tissés à Tazenakht, céramiques de Skoura, colliers amazighs chinés à Taroudant, meubles en cuir et natte de Mauritanie signés Mustapha Blaoui, mais aussi jarres tibétaines et tissus Pierre Frey. Le symbole amazigh de l’homme libre se glisse partout, comme un motif récurrent, presque un fil conducteur.

Luxe discret

La Kasbah d’If compte aujourd’hui 37 suites et cinq lieux de restauration, ouverts en alternance selon les saisons, pour une seule cuisine marocaine fusion. Patio ensoleillé, cheminée d’Al Massaa l’hiver, pergola au printemps, pavillon d’été face au Haut Atlas, ou bar de la grande piscine à la vue panoramique : chaque moment de la journée a son décor. On s’attarde aussi au British Berbere Bar, fumoir anglo-marocain à l’élégance feutrée, ou au spa Aman KA, creusé dans la roche, avec bassin ouvert sur le désert et rituels signés La Sultane de Saba.

À l’heure où l’Agafay multiplie les ouvertures spectaculaires, la Kasbah d’If joue une autre partition. Ni lodge événementiel, ni adresse tapageuse, mais un hôtel qui revendique le temps long, l’accès filtré et une vision presque radicale du luxe : celle de la discrétion. Et dans un désert de plus en plus convoité, c’est peut-être là sa plus grande singularité.

Kasbah d’If, Route d’Amizmiz Km 27, Tamesloht. Chambre : à partir de 525 € la nuit. kasbahdif.com


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Photo de Une : Kasbah d’If

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