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Viêt Nam, escapade au pays du dragon

« On se rencontre deux fois », nous a confié un homme vivant au bord du delta du Mékong. Cette philosophie de bienveillance règne au-dessus du Vietnam, aussi appelé Viêt Nam, qui fut divisé en deux en 1954 avant de ne refaire qu’un. Pour découvrir ce pays à l’énergie fulgurante, ses villes grouillantes de saveurs et de musique et ses paysages extraordinaires, on emprunte le « chemin de fer de la réunification » et, du nord jusqu’au sud, on remonte l’histoire de cette contrée à la culture ancestrale et aux odeurs enivrantes.

Découvrir le Viêt Nam, c’est s’imprégner d’un style de vie, tant ils sont nombreux. Guidés par sa boussole intérieure, on grimpe dans d’une cuisine, de paysages, de femmes et d’hommes. À chaque détour de rue ou de sentier apparaissent des temples ou des pagodes bouddhistes, des maisons colorées, des bateaux en bambou et des marchés authentiques qui contribuent à l’émerveillement.

Au fil du voyage, on plonge dans des contrées aux visages différents mais à l’âme inchangée. Comme dans un film à grand spectacle, entre mer et montagne, les images défilent, plus invraisemblables les unes que les autres.

HÀ NỘI (HANOÏ)

Lorsqu’on atterrit à Hà Nội, cœur vibrant du pays, on se retrouve plongés dans une métropole où le Viêt Nam ancestral et le Viêt Nam d’aujourd’hui s’entremêlent étroitement. Ici, il convient de prendre le temps et de trouver son rythme. Après une soupe phở et un café aux œufs (cà phê trứng) pour faire le plein d’énergie, nous voilà parés pour découvrir le lifestyle à la hanoïenne.

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Si, au premier abord, la ville semble vaste avec ses grandes avenues, c’est sans compter avec la paradoxale étroitesse des voies de l’hypercentre, à l’instar du quartier des « 36 rues et corporations », frétillant de sons et d’activités, ou encore la fameuse « rue du train », une allée étroite où seulement quelques personnes peuvent se croiser, pris en sandwich entre les rails et les bâtiments.

À Hà Nội, il importe plus que tout de développer son sens de l’ouïe. Que ce soit depuis une terrasse de café, un rooftop ou depuis la fenêtre de son hôtel, le bruit des klaxons, les paroles en langue natale et les cliquetis des verres de bières artisanales résonnent et composent une sorte de symphonie urbaine.

NINH BÌNH

Afin de s’éloigner de la capitale, on embarque à bord du chemin de fer Nord- Sud, autrement appelé « l’express de la réunification ». Prochain arrêt Ninh Bình, à une centaine de kilomètres, dont le décor contraste furieusement avec celui de Hà Nội. Les paysages luxuriants offrent un cadre digne d’une comédie romantique.

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Si les visiteurs viennent ici, c’est d’abord pour faire le vide. Après les rues fourmillantes de la métropole, rien de tel qu’une longue introspection au plus près de la nature, Ninh Bình n’étant pas pour rien surnommée la « baie d’Ha Long terrestre ». Entre la vue d’un buffle majestueux, les chapeaux coniques des paysans qui se reflètent dans l’eau et les sillons serpentins des rizières, on se sent spirituellement proches de la béatitude. À la fin de la promenade, on aperçoit au loin un cours d’eau que le coucher du soleil enflamme de teintes si incandescentes que l’on comprend pourquoi les habitants estiment que la couleur rouge porte bonheur.

Mais il est l’heure de reprendre notre train. Le quai de la gare s’éloigne, et c’est encore de nouveaux décors qui apparaissent sur l’écran-fenêtre. Nos deux prochains arrêts se situent au centre du Viêt Nam. Huế et Hội An marquent en effet la limite entre le nord et le sud du pays. Séparées d’une centaine de kilomètres seulement, ces deux villes sont pourtant opposées à bien des égards.

HUẾ

Ville impériale, Huế abrite certaines des constructions les plus majestueuses du Viêt Nam. On retrouve pléthore de palais et de temples, comme la citadelle de la dynastie Nguyễn, le tombeau de l’empereur Tự Đức et la pagode Từ Hiếu qui héberge une communauté de moines. La citadelle, bâtie tout au long du XIXe siècle, constitue à elle seule une immense partie de la ville.

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Il faut s’imaginer dans une sorte d’équivalent de Versailles avec une cité dans la cité, entourée de remparts et abritant des constructions d’époque aux détails insaisissables tant ils sont nombreux. Guidés par sa boussole intérieure, on grimpe dans les étages et l’on découvre depuis les croisées des panoramas improbables. Dans cette enclave hors du temps, on se trouve au cœur de l’Histoire.

HỘI AN

Plus loin le long de la côte, il y a Hội An, la ville des lumières, des lanternes et des maisons de couleurs. Ici, les habitations vivent les unes sur les autres, et les unes avec les autres. Pas de forteresse comme à Huế, seulement des petites rues bordant la rivière Thu Bồn, où tout le monde se balade à pied pour découvrir les richesses de la ville. À la tombée de la nuit, chaque coin de ruelle s’éclaire de sa plus belle lanterne afin de créer des ombres colorées sur les façades. Si la spiritualité vous attire, il est possible d’acheter des bougies flottantes à déposer sur la rivière afin qu’un vœu se réalise.

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Hội An cultive depuis toujours ses croyances populaires. Dans certaines maisons de culte, il suffit de fermer les yeux et de se laisser bercer par le clapotis de l’eau, le bruit du vent pénétrant sous la porte et l’odeur exaltante de l’encens pour comprendre que nous ne sommes pas arrivés là par hasard. À la tombée de la nuit, c’est l’heure d’embarquer à nouveau dans le train qui va nous conduire entre mer et montagne.

À l’aube, les paupières s’ouvrent, et on se retrouve bouche bée devant les premières couleurs du jour, dévoilant un paysage que l’on n’avait jamais vu qu’en peinture. On en oublierait presque le roulis du chemin de fer et l’atmosphère quelque peu bruyante qui règne à l’intérieur du wagon. On se sent désormais prêt à affronter Hồ Chí Minh-Ville.

HỒ CHÍ MINH-VILLE

Terminus, tout le monde descend. On pose enfin le pied dans l’ancienne Saïgon. La chaleur est écrasante, mais l’on sent tout de suite l’énergie débordante de la cité où fourmillent aussi bien les scooters aux moteurs pétaradants que les vendeurs de rue. Si Hồ Chí Minh-Ville se réveille peu à peu au fil du jour, il faut savoir que la métropole du Sud ne prend sa pleine mesure qu’une fois la nuit tombée. Depuis l’un des nombreux rooftops, on distingue au loin les lumières de la ville, tandis que le fumet des brochettes cuites directement sur la chaussée remonte jusqu’aux narines. C’est encore un nouveau monde à découvrir.

À Hồ Chí Minh-Ville, on passe la nuit à déambuler sur les grandes avenues, à la recherche de symboles coloniaux. Entre deux bâtiments aux allures européennes, on aperçoit des immeubles superposés où se nichent petites échoppes et cafés. On avale un Bánh mì sur le pouce et on s’enfonce dans une ruelle où une lanterne rouge laisse penser qu’un bar se dissimule derrière la porte.

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Tout le monde se parle, Hồ Chí Minh-Ville est une ville qui regorge à la fois d’expatriés et de locaux. Si l’on tend bien l’oreille, on peut reconnaître au moins trois dialectes différents dans les conversations. On s’arrête, fascinés mais aussi un peu perdus, dans la rue Bùi Viện, l’une des artères les plus effervescentes de la cité.

On goûte des spécialités, on boit des créations originales. C’est la joyeuse cacophonie de la vie qui s’exprime ici à tout-va, alors que le soleil se repose de l’autre côté du globe. Lorsqu’on rouvre les yeux quelques heures plus tard, le cerveau est encore un brin embrumé. Dehors, la ville a repris son rythme diurne.

Dans l’avion du retour, une fois le décollage effectué, on dit au revoir à cette ville flamboyante dont la silhouette s’éloigne lentement. Riche de souvenirs aussi authentiques que mémorables, on quitte le Viêt Nam le cœur serré, rassasiés d’aventures et de découvertes. Comme un coquillage que l’on colle à son oreille pour écouter la mer, on appuie son front contre le hublot et on fait défiler dans son esprit les mille et un décors dignes d’une carte postale entrevus sur les routes de ce fabuleux pays du dragon.

Un voyage inoubliable à composer avec Émotions de Kuoni, circuit de 13 jours à partir de 8 770 €. Tél. : 01 55 87 85 65. emotions.kuoni.fr

Photo de Une : © Hong Hoang Son

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