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Restaurants : quand le décor fait sens

La décoration n’est plus, vive l’ambiance ! Elle prépare le palais, installe un climat, donne une légitimité aux assiettes. Aujourd’hui, les chefs ne se contentent plus de cuisiner, ils proposent leur carte dans des espaces immersifs pour une expérience hors norme.

Anne Debbasch

Si les restaurants asiatiques ont toujours offert une forme d’évasion grâce aux baguettes et aux paniers en bambou des raviolis vapeur, ailleurs, l’excursion en terres inconnues passait essentiellement par l’assiette. Lorsque Hiroaki « Rocky » Aoki ouvre le premier Benihana à New York il y a 60 ans, il crée un lieu immersif, un teppanyaki à l’image de ceux que l’on trouve au Japon.

Le concept casse les codes par le décor épuré, le cérémonial, les ingrédients et la façon de les cuisiner, mais, pour percer, il faut faire le show. Très vite, on ne vient plus simplement dîner mais vivre un voyage.

Zen attitude et énergie contemporaine

Benihana fait sensation à travers le monde. À Paris, le dépaysement commence dès l’escalier où une armure de samouraï plus vraie que nature accueille les convives.

Quant aux plafonds noir et or, ils rappellent les laques japonaises. Une fois attablé autour de la plaque brûlante, le chef jongle avec les ingrédients – black cod et wagyu – et les flammes. En quelques secondes, on se retrouve propulsé à Kobe. Quelques rues plus loin, dans un style différent, Kodawari Ramen évoque l’atmosphère du marché aux poissons de Tokyo. Les caisses en polystyrène servent de décor pour déguster des ramen imprégnés de saveurs iodées, offrant une expérience immersive. Le concept fait des émules.

 

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Chez Doki Doki, c’est l’aspect brut, organique et minéral, ainsi que le long bar et les tabourets en chêne, qui donnent le ton à cette proposition de restauration japonaise. On se sent plongé dans le Japon urbain, mais la vibration est américaine. « J’ai cherché à créer un pont entre le côté austère et traditionnel du Japon et l’énergie new-yorkaise pour mettre en avant le handroll préparé minute, un temaki réinterprété de façon cylindrique avec poisson tartarisé et riz rond japonais tiède, entouré d’une feuille d’algue Nori croquante », précise Romain Taieb, le fondateur. Si l’assiette reste au cœur de l’expérience, le lieu devient une vitrine pour nous transporter ailleurs.

La Méditerranée comme cocon

La couleur et le faste règnent au Bacha Coffee où les 1 500 m2, ouverts sur les samouraï plus vraie que nature accueille les Champs-Élysées, offrent une véritable évasion. Dès le seuil franchi, le contraste avec l’extérieur est saisissant. La hauteur sous plafond, les ocres rouges, les dorures, les moucharabiehs finement travaillés, ainsi que les parquets et le sol en zellige noir et blanc plongent instantanément dans l’ambiance de Marrakech, rappelant l’emblématique Dar El Bacha. Côté carte, plus de 200 cafés de spécialité 100 % arabica captivent l’attention, tout comme l’art de leur préparation. On ne vient pas ici se frotter à la gastronomie marocaine – l’offre est française –, mais découvrir les multiples arômes des cafés proposés en association avec les plats.

 

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Quelques kilomètres plus loin, Amanie nous transporte dans le sud-est asiatique. Le restaurant joue avec les codes : le rez-de-chaussée évoque un esprit de brasserie, tandis que l’étage promet une excursion exotique en Thaïlande, au Vietnam et en Inde ; dans l’escalier, un imposant lustre en rotin et des stores en cuir tressé attirent le regard ; à l’étage, les murs rappellent les tatamis et mettent en valeur des khanta colorés. Une végétation luxuriante, des couleurs acidulées… le dépaysement est total.

« Nous avons conçu l’étage comme un voyage en mêlant des matières, des tressages, des couleurs et de l’artisanat », expliquent les designers d’intérieur Alice Calemard et Talissa Bachelot, du studio Adjamée. La carte, signée du chef Manoj Sharma, est à l’image du lieu, inattendue, épicée et conviviale. « Je l’ai pensée comme une carte postale. De chacun de mes voyages, je rapporte toujours une recette, un goût, une épice. Ma cuisine reflète ces souvenirs avec le houmous au curry, les arancini ou le pita, un melting-pot de saveurs pour ce lieu pas comme les autres. » Pari réussi !

Nos adresses

• Benihana Paris, 163 rue Saint-Honoré, 75001 Paris. benihana.fr

• Kodawari Ramen Tsukiji, 12 rue Richelieu, 75001 Paris. kodawari-ramen.com

• Doki Doki, 156 avenue Charles de Gaulle, 92200 Neuilly-sur-Seine. dokidoki-handroll.com

• Bacha Coffee, 26 avenue des Champs-Élysées, 75008 Paris. bachacoffee.com

• Amanie Paris, 1 place Pernet, 75015 Paris. amanieparis.fr


Lire aussi : Le top 9 des restaurants japonais à Paris


Photo de Une : Kodawari Ramen Tsukiji

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