hoshinoya tokyo

Hoshinoya Tokyo, le dépaysement total

Pour découvrir la société nipponne, on peut relire tout Mishima et revoir tout Ozu ou bien séjourner à l’Hoshinoya Tokyo, véritable porte d’entrée sur les traditions et l’art de vivre à la japonaise. Dans ce deuxième cas, la découverte se fera en chaussettes avec gros orteil séparé.

Sophie Giagnoni et Léonard Faugières

Posé au milieu des gratte-ciel, l’Hoshinoya Tokyo apparaît sous la forme d’un impressionnant monolithe noir habillé ton sur ton d’une fine résille d’acier. Plutôt que d’un hôtel, il convient de parler ici d’un ryokan, à savoir un établissement vivant selon les codes des auberges traditionnelles.

Fondée au début du siècle dernier par Kuniji Hoshino, la chaîne d’hôtels éponyme célèbre en effet l’art japonais de l’hospitalité. Chaque établissement est conçu sur un format unique, de façon à s’intégrer parfaitement dans son environnement. Pour celui de Tokyo, il aura fallu attendre 2013 pour trouver son emplacement idéal : au-dessus d’une source thermale qui permet d’offrir à la clientèle l’un des seuls onsen naturels de la capitale.

Pyjama et kimono au sein d’Hoshinoya Tokyo

Dès le pas de la porte, l’immersion est totale. On ne pénètre d’ailleurs pas ici par un lobby mais par un genkan, vestibule dans lequel il convient d’abandonner ses chaussures. Et c’est en chaussettes que l’on s’élève vers les étages, tous organisés autour d’un salon commun, chacun formant un petit ryokan indépendant où il est possible de trouver à toute heure du jour et de la nuit le réconfort d’un thé ou de quelques douceurs.

Aux fenêtres, les shōji, ces parois de papier translucide monté sur une trame en bois, participent d’un travail d’accord subtil entre éclairages naturel et artificiel. Tout concourt à donner le sentiment de l’intime et du chez-soi, y compris les pyjamas prêtés par l’hôtel, dans lesquels chacun est invité à se promener en toute décontraction à son étage. Pour se rendre au onsen ou au restaurant, un plus élégant kimono est mis à disposition. Après les chaussures, c’est ainsi toute la panoplie européenne qui se trouve remisée au dressing.

 

Voir cette publication sur Instagram

 

Une publication partagée par hiro(井上 裕康) (@hamnin1027ie)

Pour préserver cette atmosphère intimiste, l’hôtel a fermé les portes de son restaurant aux personnes qui ne logent pas entre ses murs. Et, contrairement à la plupart des grands hôtels occidentaux, celui-ci n’est pas situé au dernier étage mais en sous-sol. Aux plaisirs mondains se substituent les délices d’un dîner en tête-à-tête, dans ce qui semble être une caverne creusée au cœur des fondations d’une cité anéantie.

Renseignements pris, on se trouve dans l’ancien étage réfrigéré de ce qui fut la résidence d’un daimyo, c’est-à-dire un grand seigneur évoluant sous les ordres directs d’un shōgun.

Ivresse totale

Dans les assiettes se succèdent des aliments tout droits sortis d’un précis de biologie extraterrestre : coquillages et mollusques se mêlent aux couleurs chatoyantes de légumes inconnus et de chairs exquisement tendres. N’eût été la présence sur la carte des plus grandes appellations bourguignonnes, on douterait d’être encore sur Terre.

Le repas achevé, le dépaysement continu avec, au choix, une représentation de gagaku, art scénique japonais mêlant musique et danse, ou une méditation dans le onsen situé sur le toit. Face au ciel de Tokyo, dans une eau thermale à 41 °C, entre de hauts murs qui protègent des regards indiscrets, les bruits de la ville somnambule parviennent étouffés, comme le souvenir lointain d’un monde quitté 17 étage plus bas.

Si l’Hoshinoya Tokyo n’offrait pas à 6h45 chaque matin une séance d’initiation au kenjutsu sur une piste d’héliport au sommet d’un gratte-ciel voisin, les clients auraient vite fait de ne plus quitter ses murs. À cette heure-ci, le jour est déjà levé depuis presque deux heures déjà sur le bien nommé pays du Soleil-Levant. Tokyo déploie ses tentacules à perte de vue. Le vide est à quelques mètres. L’ivresse est totale.

Hoshinoya Tokyo, 1-9-1 Otemachi, Chiyoda-ku, Tokyo 100-0004. Tél. : +81 50 3134 8096. hoshinoya.com. Prix à partir de 709 €


Lire aussi : Tokyo, balade dans une métropole tentaculaire


Photo de Une : Hoshinoya Tokyo

Partager cet article

A lire aussi
meilleurs cookies paris

Le top 9 des meilleurs cookies de Paris

Farine, sucre, beurre et œufs … qui aurait cru que ces simples ingrédients pourraient devenir des causes de véritables obsessions ? À Paris, les cookies ont su se rendre créatifs pour séduire les papilles des gourmands et rivaliser avec les pâtisseries traditionnelles. Entre croquant, fondant, épais, fin, ou encore garnitures généreuses, chaque établissement propose sa propre réinterprétation de ce classique. On vous dévoile nos adresses préférées à Paris.

cuisine chinoise

Le renouveau de la cuisine chinoise

Si les raviolis vapeur et les rouleaux de printemps sont devenus monnaie courante chez nous, ils ne représentent qu’une infime part de la cuisine chinoise.

hôtels sommeil

Top 8 des hôtels où (re)trouver le sommeil

Vous rêvez de repos ? Cures de sommeil, soins propices à la relaxation et à l’endormissement, matelas premium, voyages sonores… Les hôtels de luxe se renouvellent pour assurer détente et nuits réparatrices, études scientifiques à l’appui. Ou comment voyager dans les bras de morphée.

saint-valentin 2026 hôtels

Le top 7 des hôtels pour célébrer la Saint-Valentin

Cette année, la Saint-Valentin tombe un samedi ; simple coïncidence ou raison supplémentaire pour organiser un week-end avec son Valentin ou sa Valentine ? Selon votre temps et votre budget, voici nos adresses préférées pour s’échapper du quotidien et célébrer la Saint-Valentin.