ruinart crayères

Destination Ruinart au 4 rue des Crayères

Après trois ans de travaux, le 4 rue des Crayères, l’adresse historique de Ruinart à Reims, rouvre ses portes avec un pavillon contemporain conçu face au bâtiment centenaire. Une expérience culturelle entre art, nature, savoir-faire et dégustation.

Judith Spinoza

On y pénètre par un labyrinthe dont les murs de craie mouchetés rappellent d’emblée les parois des anciennes carrières et les traces inscrites des outils. Sculpté à la main pour reproduire les gestes ancestraux, ce passage quasi initiatique chez Ruinart rend hommage au site des crayères, réseau souterrain datant du XIIIe siècle, et débouche sur un jardin jalonné d’une trentaine d’œuvres contemporaines.

Ici, un chef-d’œuvre d’Eva Jospin et un bronze de Daphné Du Barry, là une roche-sculpture de Nils-Udo, qui étendent leurs formes à travers des essences adaptées au changement climatique. La première étape du parcours en accès libre, imaginé par le paysagiste Christophe Gautrand, donne le ton : c’est un lieu de conversation, conçu en harmonie avec le vivant et qui met en valeur le patrimoine existant du site.

Ce dernier, en plus de ses crayères millénaires et de son parc boisé classé, abrite une grande partie de l’élaboration des produits de la Maison. Un lieu d’expérience culturelle plus qu’une simple visite œnologique. Ou, selon les mots de Frédéric Dufour, directeur général de Ruinart, « le 4 Rue des Crayères dévoile un site métamorphosé proposant une vision moderne de la Maison. Savoir-faire et innovation s’expriment harmonieusement dans ce lieu empreint d’histoire, où la nature coexiste avec la culture et le patrimoine. »

La métARTmorphose

Soudain, dans un fondu mélangeant savamment l’ancien et le nouveau, c’est la cour d’honneur qui saute aux yeux du visiteur à travers les baies vitrées du pavillon signé par l’architecte japonais Sou Fujimoto. Face aux façades rectilignes des bâtiments historiques, sa silhouette asymétrique de pierre et de verre, comme sculptée par la lumière, rend hommage à Nicolas Ruinart, le fondateur de la Maison.

Ce pavillon transparent de 1 400 m2 est ce que la Pyramide est au Louvre : un édifice contemporain qui n’empiète pas sur la fonction de l’édifice historique, mais y associe une offre plus expérientielle : une boutique, le Bar à champagne by Ruinart ainsi qu’une cave secrète abritant des cuvées millésimées. Pour penser l’intérieur de cette enveloppe minimaliste, dont la toiture incurvée symbolise la rondeur du flacon et des bulles de Ruinart, l’architecte d’intérieur Gwenaël Nicolas a misé sur une recherche « d’équilibre entre l’histoire de cette Maison séculaire et un regard contemporain ».

Depuis les bulles de verre au-dessus du bar massif jusqu’aux formes contournées du mobilier, que l’on retrouve dans les alcôves et sur la terrasse par laquelle on rejoint le jardin, l’architecte a souhaité guider le visiteur à travers des espaces non cloisonnés, privilégiant une forêt en résine organique et en lin tissé. « Ni Sou Fujimoto ni moi, détaille-t-il, ne voulions d’un pastiche des bâtiments historiques. Dans ce pavillon, le visiteur découvre l’univers Ruinart par ses mouvements, ses déplacements. »

Ainsi, au sous-sol, une cave secrète est accessible sur rendez-vous pour découvrir l’ensemble du patrimoine des cuvées millésimées Ruinart et des cuvées d’exception (Dom Ruinart La Réserve), réunies pour la première fois dans un même espace de dégustation, alors que la terrasse offre un coup d’œil sublime sur le corps de bâtiments du XIXe frappé des armoiries de la famille.

Donner du sens à l’expérience

« Trois ans de travaux ont été nécessaires à la métamorphose du site historique de la Maison Ruinart pour créer une nouvelle expérience dans laquelle les visiteurs peuvent s’immerger dans son univers, indique la Maison. Une adresse qui rassemble ainsi artisans, artistes, chefs et visiteurs pour partager des moments rares et proposer des expériences œnologiques, culturelles ou gastronomiques mémorables. »

Trois ans de travaux afin de repenser cette adresse emblématique, il fallait bien ce temps pour construire un nouveau chapitre de la plus ancienne Maison de champagne et, surtout, pour présenter une offre en phase avec sa richesse patrimoniale. « Il y avait une saturation des caves, on refusait beaucoup de monde », précisait ainsi Frédéric Dufour lors de la soirée inaugurale, avant de reprendre : « Une Maison comme la nôtre se doit d’offrir les visites les plus qualitatives possible, tout en s’ouvrant à tous les publics. »

Ces travaux réenchantent 300 ans d’histoire. Au XIXe siècle, la famille Ruinart a acquis une propriété de 2,5 hectares sur la colline Saint- Nicaise, à Reims, afin d’y construire son négoce de champagne. Détruit pendant la Première Guerre mondiale, l’édifice a été reconstruit à l’identique par l’épouse d’André Ruinart, Charlotte, qui reprendra la tête de la Maison au décès de son mari en 1919.

Quelle ne serait pas la surprise de ces aïeuls s’ils découvraient le pavillon Nicolas Ruinart, magnifiquement inscrit dans la forme en U des bâtiments historiques, ou encore le majestueux ceps de vigne de l’artiste brésilien Henrique Oliveira, planté au milieu de la cour d’honneur, insufflant son élan culturel au fief champenois. Et surtout en observant les visiteurs, invités à déambuler gratuitement, sans rendez-vous de 9h00 à 20h00, dans cette galerie à ciel ouvert ou à y faire halte autour d’un déjeuner ou d’un dîner, à moins de vouloir visiter les crayères ou l’œnothèque.

Un lieu patrimonial vivant, devenu une véritable destination culturelle, comme l’a rappelé le directeur général de la Maison en fin de discours inaugural : « Je tiens à remercier tous les artistes qui ont contribué par leur réactivité et sensibilité à donner du sens à l’expérience et à transformer ce site en une véritable destination culturelle en Champagne. Ils ont su, chacun dans leur domaine, et en parfaite harmonie avec le site historique, incarner l’univers Ruinart et ancrer la Maison dans la modernité. » On ne pouvait pas mieux dire.

Le 4 Rue des Crayères est ouvert toute l’année (fermeture annuelle en janvier), sept jours sur sept. Accès libre (jardin de sculptures, pavillon Nicolas Ruinart avec son Bar by Ruinart, boutique…) de 9h00 à 20h00. Le Bar by Ruinart est ouvert du lundi au mercredi inclus de 11h00 à 20h00 et du jeudi au dimanche inclus de 11h00 à 23h00. Les visites des crayères (incluant une dégustation de deux cuvées) commencent dès 9h30. Dernier départ à 17h15 (à partir de 85 €). Plus d’infos sur ruinart.com


Lire aussi : À Reims, Ruinart réinvente son patrimoine au 4 rue des Crayères


Photo de Une : Ruinart Crayères © Raul Cabrera

Partager cet article

A lire aussi
meilleurs cookies paris

Le top 9 des meilleurs cookies de Paris

Farine, sucre, beurre et œufs … qui aurait cru que ces simples ingrédients pourraient devenir des causes de véritables obsessions ? À Paris, les cookies ont su se rendre créatifs pour séduire les papilles des gourmands et rivaliser avec les pâtisseries traditionnelles. Entre croquant, fondant, épais, fin, ou encore garnitures généreuses, chaque établissement propose sa propre réinterprétation de ce classique. On vous dévoile nos adresses préférées à Paris.

cuisine chinoise

Le renouveau de la cuisine chinoise

Si les raviolis vapeur et les rouleaux de printemps sont devenus monnaie courante chez nous, ils ne représentent qu’une infime part de la cuisine chinoise.

hôtels sommeil

Top 8 des hôtels où (re)trouver le sommeil

Vous rêvez de repos ? Cures de sommeil, soins propices à la relaxation et à l’endormissement, matelas premium, voyages sonores… Les hôtels de luxe se renouvellent pour assurer détente et nuits réparatrices, études scientifiques à l’appui. Ou comment voyager dans les bras de morphée.

saint-valentin 2026 hôtels

Le top 7 des hôtels pour célébrer la Saint-Valentin

Cette année, la Saint-Valentin tombe un samedi ; simple coïncidence ou raison supplémentaire pour organiser un week-end avec son Valentin ou sa Valentine ? Selon votre temps et votre budget, voici nos adresses préférées pour s’échapper du quotidien et célébrer la Saint-Valentin.