Omar Dhiab récidive. Après avoir décroché une étoile avec son restaurant éponyme en un éclair (six mois top chrono), le chef parisien a ouvert le 29 mai Elbi, une adresse comme un battement de cœur rue de Paradis. Elbi – “le cœur” en arabe –, c’est son nouveau terrain de jeu, plus libre, plus intime, plus canaille aussi. À mi-chemin entre le bar à vins et le bistrot égyptien, le lieu marie sans forcer ses racines et son savoir-faire d’orfèvre. Résultat : une partition métissée, précise et décomplexée, qui sent bon le souvenir d’enfance et la cuissons millimétrée.
Derrière le comptoir, on entend crépiter les feuilles de vigne en tempura, on zieute l’œuf cocotte noyé dans un ragoût de merguez ultra réconfortant et on cale son verre de nature sur un hawawshi fumant, ce sandwich de street food égyptienne qu’Omar a smashé avec amour. Mention spéciale pour le scotch-egg façon falafel aux fèves, bombe végétale qui fond sous la dent. Ici, tout se picore, se partage, se raconte. Jusqu’au riz au lait kunefe ou à la glace pistache-praliné aux graines de coriandre. Oui, on a léché la cuillère.
Cuisine ouverte et rap des années 2000
Et puis, il y a la carte des vins : 650 références amoureusement sélectionnées par le chef lui-même, en clin d’œil à sa passion perso. Nature, bio, classiques bien français ou pépites corses, italiennes ou suisses : ça coule sous les murs sable-crème, pendant qu’en salle, le rap français des années 2000 monte d’un cran. On est loin des nappes blanches, mais la précision reste intacte.
Dans cette salle contemporaine signée Mur Mur, 140 m² baignés de lumière et d’inox, on fait le grand écart entre lignes industrielles et chaleur orientale. Cuisine ouverte, comptoir vibrant, et serveurs en veste Carhartt : chez Elbi, c’est toute une vibe. Le son monte, les assiettes défilent, et on se laisse embarquer dans cette danse où chaque plat dit un peu de l’homme derrière les fourneaux.
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Photo de Une : © Ilya Kagan




