Elle offre l’une des plus belles vues de Reims. Installée face à la cathédrale Notre-Dame, la Caserne Chanzy bénéficie d’une situation de choix. Longtemps réservé aux pompiers de la ville, son panorama imprenable sur l’édifice témoin du sacre de 33 rois de France profite désormais à de nouveaux occupants. Hébergés pendant près de 70 ans dans ce bâtiment Art déco, les hommes de feu ont depuis baissé la grande échelle, avant de voir en 2019 le lieu se transformer en hôtel de luxe, avec spa et restaurant. Et le succès est au rendez-vous. En 2024, l’hôtel affichait un taux d’occupation de plus de 75 %.
Au-delà de son emplacement idéal, la Caserne Chanzy bénéficie aussi de l’attractivité croissante de la ville. L’an dernier, le Grand Reims a accueilli 16 millions de touristes, dont 4,5 millions d’étrangers. Une fréquentation qui profite à l’ensemble des hôteliers, dont le taux d’occupation dépasse la moyenne nationale. Résultat : l’offre est en plein essor, avec l’implantation de six nouvelles enseignes d’ici 2026, dont cinq établissements quatre étoiles.
Transformation et innovation
Mais pourquoi Reims attire-t-elle autant ? « Parce que notre cité conjugue à la fois histoire, excellence et modernité, tout en s’inscrivant dans une dynamique ambitieuse de transformation et d’innovation », répond son maire, Arnaud Robinet. Située à 45 minutes de Paris en TGV et à proximité des grandes capitales européennes, la ville jouit d’une position géographique stratégique.
Il faut dire aussi que les acteurs locaux ne coincent pas la bulle. Le budget consacré au nouveau programme de renouvellement urbain (NPRU) s’élève à 421 millions d’euros d’investissement. Objectif : améliorer le cadre de vie des habitants… et, de fait, des visiteurs. Le cœur de la ville, les berges du canal et la voie des sacres s’embellissent et se végétalisent pour laisser place à de nouveaux lieux de vie et de détente.
Cette transformation urbaine s’inscrit dans la valorisation d’un patrimoine unique et emblématique de l’histoire de France, classé à l’UNESCO : la cathédrale Notre-Dame, l’abbaye Saint-Rémy et le palais du Tau qui deviendra, en 2026, le musée des Sacres, avec une déambulation nouvelle, ouverte à tous, et un café.
Expérience œnotouristique
Mais si Reims pétille, c’est bien sûr aussi pour son champagne. Classés au patrimoine mondial il y a dix ans, les Coteaux, Maisons et Caves de Champagne, notamment les crayères situées sous la butte Saint-Nicaise, participent de cette effervescence touristique. « Les travaux vont à nouveau mettre cette ville au plus haut niveau d’excellence, insiste Séverine Couvreur, présidente de la Mission Coteaux, Maisons et Caves de Champagne. Ici, c’est l’excellence de l’écrin qui a vu naître le champagne. »
Sur ce chapitre, les Maisons de Champagne ouvrent la voie. Au 4 Rue des Crayères, la Maison Ruinart recrée ainsi une expérience globale autour de l’hospitalité, de la gastronomie et du savoir-faire œnologique, mais aussi de l’art et de la nature depuis l’automne dernier, tandis que la Maison Taittinger a totalement repensé le circuit de visite des caves et les salons de dégustation, prévoyant l’ouverture mi-juin d’un restaurant : Polychrome.
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En cœur de ville, la Maison Champagne Thiénot dévoilera, quant à elle, un nouvel écrin de 5 000 m², baptisé « Le 3 », à l’automne. Au programme : des visites de caves, un libre accès éducatif et ludique et, en fin d’année, l’ouverture d’un hôtel cinq étoiles, d’un rooftop et d’un bar. « Nous avons aussi décidé de faire de ce cloître un lieu très végétalisé et atypique », expose Garance Thiénot, codirectrice générale de la Maison.
Excellence gastronomique
Avec neuf étoiles au Guide Michelin, la cité champenoise façonne aussi sa réputation culinaire. Le chef japonais Kazuyuki Tanaka a eu le nez fin en installant son restaurant Racine, il y a dix ans, au pied de la cathédrale : « J’ai choisi Reims, car j’aime le champagne, mais aussi parce que j’ai senti qu’il y avait du potentiel. » Couronnée de deux étoiles en 2020, la table ne désemplit pas.
Au Domaine Les Crayères, le directeur général Arnaud Valary se réjouit, lui aussi. Après le départ du chef Philippe Mille à Arbane, une étoile Michelin, le restaurant Le Parc s’est de nouveau vu gratifier de deux macarons, sous la nouvelle direction de Christophe Moret. Une reconnaissance qui ne fera que valoriser la transformation en cours de cette institution. « Pour la Maison, c’est très important, parce que nous sommes une étape gastronomique pour une clientèle locale et internationale. »
Parmi les autres joyaux se trouve L’Assiette Champenoise. Dirigé par le chef Arnaud Lallement, triplement étoilé et élu cuisinier de l’année 2024 par Gault & Millau, l’établissement s’illustre au deuxième rang des meilleurs restaurants du monde selon le classement La Liste 2025. « C’est une vraie dynamique pour la Champagne », se félicite le chef. Et une nouvelle marque d’excellence !
lacasernechanzy.com ; champagne-patrimoinemondial.org ; ruinart.com ; taittinger.com ; champagne-thienot.com ; racine.re ; lescrayeres.com ; assiettechampenoise.com
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Photo de Une : Office de tourisme de Reims © Cyrille Beudot




