À l’aube, Paris s’efface. Trois heures AMG Line, je respire l’air salin d’Utah Beach, les pieds dans le sable. Ici, plus de klaxons, ni de cafés hors de prix. Juste l’horizon, et un nom qui impose le silence : Utah Beach. Celui que les Alliés ont donné à cette plage du Cotentin pendant la Seconde Guerre mondiale. Depuis, le lieu a gardé quelque chose de solennel.
Je m’attendais à des paysages à l’irlandaise. Pourtant, ce matin, c’est la Californie : une plage immense, un sable blond, des eaux d’un bleu profond. À un détail près – la température de la mer, qui me ramène illico en Normandie.
Après Saint-Marcouf, je longe la côte par l’est. À l’approche de Saint-Vaast-la-Hougue se dessinent les deux tours Vauban, classées au patrimoine mondial de l’Unesco. Le SUV glisse jusqu’à Barfleur dans un silence absolu. Pas de vrombissement, pas de bourdonnement. Les vitres ouvertes sur des haies d’orpin – cette plante grasse verte et jaune qui pousse partout ici.
Le Cotentin, authentique et secret
Un détour par le phare de Gatteville – le deuxième plus haut de France avec ses 75 mètres – et je m’achemine vers Cherbourg. Le planificateur d’itinéraire connecté me guide vers une station de recharge : 80 % en seulement 35 minutes. J’avais entendu les clichés sur l’électrique – pannes, bornes rares, autonomie stressante… Rien de tout ça. Pas besoin de bruit pour ressentir la puissance, ni de diesel pour se sentir libre.
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L’EQA 250+ trace la route avec sérénité. Au coucher du soleil, j’arrive à l’hôtel Le Landemer. Accroché à la falaise, l’établissement compte neuf chambres et une vue à 180 degrés sur la mer. De jour et par temps clair, on aperçoit les îles anglo-normandes. C’est aussi le kilomètre zéro du sentier des Douaniers, cette ligne sauvage de 80 kilomètres qui longe la péninsule de La Hague, chère à Prévert, Monet ou Sagan. On comprend pourquoi tant d’esprits libres ont trouvé refuge ici. Au restaurant, pas de menu imprimé. Le chef, Hendrik Jansen van der Sligte, parle en chapitres. Tout est local, brut, normand. Des produits de saison, une cuisine directe. Si les paysages rappellent l’Irlande, les assiettes, elles, sont résolument françaises. Littéralement.
Road trip entre terre et mer
Le soleil est toujours là, comme s’il avait décidé d’en finir avec les clichés météo sur la Normandie. Après le petit déjeuner, cap sur Port Racine. Un minuscule port de poche dans une crique turquoise – sans doute le plus petit de France, et le plus photogénique. Murs de pierre, bateaux parfaitement alignés, silence total. Pas un touriste. Et pourtant, chaque recoin mérite son cliché. Sur la route des Caps, cette ligne de crête entre terre et mer, le Cotentin défile : falaises, plages, landes… Ce n’est pas une route qu’on prend, c’est une route qu’on savoure. Ultra-maniable, l’EQA 250+ épouse chaque virage avec souplesse.
Au pied des dunes de Biville, battues par un vent d’ouest, je m’accorde une pause. Classé réserve naturelle, le site offre un panorama à couper le souffle. Le temps d’un café, d’un voilier au loin, d’un goéland qui raille. Et c’est reparti.
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En fin d’après-midi, arrivée à Barneville-Carteret, station balnéaire discrète, presque timide. À La Marine, élégant hôtel quatre étoiles, ma suite offre une vue imprenable sur une mer aussi calme qu’immense. Instant suspendu.
Avant le dîner, halte au spa Phytomer : enveloppement à la boue marine autochauffante. Une heure plus tard, je suis détendu comme jamais. Au restaurant, le Marnage, le chef Victor Leboucher, 31 ans, envoie un menu terre & mer qui claque. Des produits francs, des assiettes claires, du goût. Chaque bouchée raconte ce coin de Normandie avec la précision d’un artisan.
Le lendemain, retour à Paris. Trois heures de route. L’EQA 250+ AMG Line glisse sur l’asphalte comme s’il prolongeait le silence des falaises. Le vent a tourné, la lumière aussi. Mais dans mes rétros, la mer me suit encore. Le Cotentin s’est incrusté. J’ai traversé un monde entier sans quitter la France. Un monde hors du temps, à l’écart du bruit et des raccourcis. Sauvage, un peu secret, mais généreux avec ceux qui prennent le temps. Le plus dur, ce n’est pas de rentrer. C’est de ne pas faire demi-tour.
le-landemer.com ; hotelmarine.com
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L’adresse canaille du Cotentin
Lovée sur la plage de Carteret, La Potinière mêle terroir chic et âme de dandy normand. Les assiettes chantent la mer, les verres tintent dès midi, et les plats à la bonne franquette circulent entre un tartare d’algues et un Espresso Martini. On y savoure les huîtres de Paulo, réputées jusqu’à Granville, presque les pieds dans le sable. Depuis 1910, l’endroit cultive une désinvolture joyeuse. On y refait le monde, échange des confidences ou regarde le soleil tomber, le sel encore sur la peau.
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