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Camille Cottin, le chic effortless

De rôle en rôle, Camille Cottin trace un parcours libre, entre humour, émotion et exigence. Dans Juste une illusion, elle prête ses traits à une mère contemporaine, partagée entre désir d’accomplissement et réalités du quotidien.

Charlotte Bouteloup

D epuis ses débuts à la télé en irrésistible tête à claques dans Connasse et son rôle d’agent artistique survoltée dans la série Dix pour cent, Camille Cottin a emprunté la route du septième art. Alors qu’elle s’apprête à retrouver Brad Pitt sur le tournage du thriller d’Edward Berger The Riders, elle est à l’affiche du neuvième long métrage d’Éric Toledano et Olivier Nakache, le tandem star du box-office.

Nouvelle venue dans l’univers des réalisateurs d’Intouchables et du Sens de la fête, Camille Cottin incarne dans Juste une illusion une mère qui tente de jongler entre ses envies de carrière, son rôle de maman de deux ados et des rapports compliqués avec un mari au chômage. La sortie en salle de ce bijou de drôlerie et d’émotion valait bien une rencontre avec l’actrice au regard bleu acier et à la carrière internationale.

C’est votre première collaboration avec Éric Toledano et Olivier Nakache. Avant de tourner dans ce film, que vous évoquait leur cinéma ?

Un cinéma très généreux, fédérateur, sensible et sincère. Ils incarnent tout ce que j’aime en tant que spectatrice dans les comédies : les rapports humains qui prédominent et le récit toujours ancré dans une réalité sociale. Ce film, Juste une illusion, nous remémore ces rêves du vivre-ensemble, en prenant place dans les années 80, à l’époque de la mouvance « Touche pas à mon pote ». Gilles Lellouche, qui avait travaillé avec Éric et Olivier sur Le Sens de la fête, m’avait dit : « Tu as tellement de chance de bosser avec eux ! Tu vas prendre un pied fou ! » Et il avait raison ! C’est très épanouissant de travailler en leur compagnie, l’harmonie est contagieuse.

Il est beaucoup question de l’adolescence dans le film. Quels souvenirs gardez-vous de cette période ?

C’est contrasté en fait, un peu vertigineux. On sent la liberté arriver, ce sont les dernières années avant de quitter le nid. Je le ressens en ce moment avec mon fils qui a 15 ans. Je me dis : « Non, déjà ? On s’en approche ? » C’est aussi ça l’adolescence : savoir qu’une page va se tourner et que la vie en communauté avec ses parents, ce cocon-là, va bientôt arriver à son terme. J’aime beaucoup le frisson du premier amour, du premier baiser, les découvertes que l’on fait à cet âge, la construction d’une seconde famille avec une bande d’amis, comme on le voit dans le film.

Adolescente, vous rêviez déjà à la scène et au cinéma ?

Oui, j’avais vraiment envie d’être actrice. Il me tardait d’arriver à la fin de mon cursus scolaire pour pouvoir faire du théâtre. Je me suis sentie tout de suite très épanouie et libérée quand j’ai commencé à apprendre à jouer.

Qu’y avait-il sur les murs de votre chambre d’ado ?

Des posters de Madonna, pour laquelle j’avais une obsession ! J’ai beaucoup écouté Niagara, et j’ai aussi fait un petit transfert sur Vanessa Paradis avec Joe le taxi et Elsa avec T’en vas pas.

Dans les années 80, les réseaux sociaux n’existaient pas. Aujourd’hui, vous avez fait le choix de ne pas avoir de compte officiel sur Instagram. Pourquoi ?

J’y vais un peu quand même ! J’aime bien regarder ce que les autres font sur Insta, mais je n’éprouve pas le besoin de faire des posts.

Vous me direz, Brad Pitt non plus n’a pas de compte officiel…

Alors, vous voyez ! Si Brad n’en a pas… !

Dans le film, vous jouez le rôle d’une mère compréhensive, aimante et un peu plus stricte que le père. Pourrait-elle vous ressembler ?

Ah oui, complètement ! J’adore son énergie, je l’ai trouvée très touchante. Elle vit au milieu de ses trois hommes : son ado qui deale des cassettes et qui est à fond dans sa musique, le petit dernier qui vit sa première histoire d’amour et passe sa vie chez ses copains, et son mari au chômage. Elle se retrouve coincée dans une dichotomie compliquée : tracer sa route professionnellement sans pour autant mettre son rôle de mère au second plan. C’est tout le problème de cette contradiction. Dès qu’on lâche, on se sent gagnée par une culpabilité terrible.

Que gardez-vous de votre rôle de présidente aux derniers César ?

J’ai été très touchée qu’on me le propose, et un peu surprise aussi. Quand j’ai été maîtresse de cérémonie au Festival de Cannes, je savais que c’était un peu comme être maîtresse de maison : on accueille les gens, on fait en sorte qu’ils se sentent bien et on les met dans une certaine disposition d’esprit pour qu’ils puissent se laisser emporter. Là, pour ce rôle de présidente des César, je me suis demandé sous quel angle aborder ce rôle.

J’avais évidemment envie de m’adresser aux gens du cinéma présents dans la salle, mais aussi aux téléspectateurs, et d’expliquer, entre autres, le rôle du CNC et ce qu’il y avait de vertueux dans le système de financement en France. C’est vrai que le cinéma traverse une grosse crise en Europe, avec de nombreuses salles qui ferment, mais le public français est très cinéphile. J’avais envie de communiquer aussi les choses belles, joyeuses et lumineuses, y compris quand elles sont menacées. Fanny Herrero et Éloïse Lang ont fait un travail d’écriture remarquable en réussissant à raconter tout cela, et j’avoue que je n’aurais pas accepté mon rôle de présidente sans elles à mes côtés.

Avec le temps, avez-vous réussi à apprivoiser votre trac ?

Je l’aurai toujours, mais j’essaie de me familiariser avec lui. Le meilleur antidote reste le travail, de se rassurer en se disant qu’on a fait ce qu’il fallait, même si ça peut rater.

Êtes-vous une « skincare addict » et comment vous prenez soin de vous ?

Ça dépend un peu de mon énergie. Je peux avoir des phases où je suis en exploration de toutes les techniques non invasives : masque LED, radiofréquence, et, dernièrement, j’ai essayé le plasma et le Reyu. J’ai trouvé ça très intéressant.

Prenez-vous la mode au sérieux ou bien vous amuse-t-elle ?

Elle m’amuse, et j’assume de la trouver amusante ! Je suis contente de faire des photos et de porter des vêtements qui me plaisent, c’est un jeu !

Êtes-vous sensible à l’artisanat français et aux métiers d’art ?

Oui, très sensible ! Dernièrement, lors de l’exposition Parfum, sculpture de l’invisible au Palais de Tokyo, j’ai rencontré Francis Kurkdjian, qui est directeur artistique de sa propre Maison et crée aussi des parfums pour Dior. C’était fascinant de comprendre comment il travaille et de quoi il s’inspire, les collaborations qu’il a pu faire sur des pièces de théâtre et des opéras, son travail avec Sophie Calle. Cette expo montrait à quel point ses créations se nourrissent en permanence des autres arts.

Au dernier défilé Dior, vous avez fait sensation en remettant au goût du jour la jupe en jean…

Ah bon ? J’aimais beaucoup ce look signé Jonathan Anderson pour Dior. Ce que j’apprécie chez Jonathan Anderson, c’est que l’on peut s’inspirer de ses collections pour se composer un look sympa. J’adore aussi le streetwear, les Dr. Martens, les bombers, les vestes en jean… J’aime bien le côté british.

Une petite phrase ou un mantra qui vous accompagne ?

En termes d’éducation, c’est : « Ne fais pas aux autres ce que tu n’aimerais pas qu’on te fasse. » Il s’agit d’une excellente ligne de conduite. J’aime aussi beaucoup : « Fais de ton mieux et reste détachée du résultat. » C’est ma maman qui me disait toujours cela, et je trouve que ça aide à rebondir.

Juste une illusion, d’Éric Toledano et Olivier Nakache, avec Camille Cottin, Louis Garrel, Pierre Lottin, Alexis Rosenstiehl et Simon Boublil. Actuellement en salles.


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Photo de Une : © Luc Braquet / H&K

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