« Papapa. » Trois syllabes, toujours la même, qui font preuve de tendresse. C’est ainsi que Jeanne et Georges, les petits-enfants de Victor Hugo, appelaient leur illustre aïeul, un mot que l’écrivain consignait lui-même avec une certaine fierté : « Maintenant je m’appelle Papapa. Deux fois un père, plus qu’un grand-père. »
Depuis le 1er septembre, ce petit nom d’affection devient une adresse à part entière. Au 6 place des Vosges, dans l’écrin de la Maison de Victor Hugo, un café du même nom vient de pousser sa porte, invitant à prolonger la visite du musée dans une salle baignée de lumière, ou dans un jardin arboré à l’abri des regards.
Ici, rien n’a été laissé au hasard. Du nom à la décoration en passant par le menu, chaque détail découle d’un véritable travail de recherche sur la vie et l’œuvre de l’auteur, mené par les Éditions Délicieuses, désormais aux commandes du lieu. PAPAPA accueille ainsi le visiteur avec la bienveillance du grand-père, plaçant la jeunesse « porteuse d’espérance » au centre du décor, incarnée par un grand portrait de Victor Hugo entouré de Jeanne et Georges.
Une carte sur les traces de l’auteur
Assiettes siglées de ses dessins et de ses « chinoiseries », mobilier inspiré de ses appartements : l’espace, pensé par les designers Pablo Aviges et Juliette Nobile (passés par l’École Boulle), avec les architectes Jordan Souchet Moreau et Marc Rousseau, et habillé graphiquement par Alice Missonnier, se veut un lieu où l’imagination continue de vagabonder après la visite.
Côté cuisine, chaque plat renvoie à un lieu aimé ou à un personnage de l’œuvre hugolienne. La carte, en circuits courts et de saison, fait la part belle au Cotentin, à Guernesey (terre d’exil) et à l’Espagne de son enfance. On y croise Le Gavroche, petit pavé aux graines, jambon Prince de Paris et mimolette d’Isigny, Fantine et sa tarte aux poireaux et chèvre, Quasimodo, un « Bean Jar » guernesiais aux haricots blancs et jarret de bœuf, ou encore Kraken, brioche toastée au beurre noisette et chair de crabe. En dessert, la teurgoule normande ou le mirliton aux myrtilles font de la résistance, arrosés d’un cidre du Cotentin ou d’une bière Les Travailleurs de l’Amer, clin d’œil au roman écrit à Guernesey.
PAPAPA, café de la Maison de Victor Hugo, 6 place des Vosges, 75004 Paris. Ouvert du mardi au dimanche, de 10h00 à 18h00. maisonsvictorhugo.paris.fr
Lire aussi : L’île de Herm, là où le temps s’arrête
Photo de Une : Papapa © Alexis Mauhourat



