Doobie’s, légende de la nuit parisienne, revient en appartement de collectionneur
Après plusieurs années de silence et trois ans de transformation, le Doobie’s rouvre au cœur du Triangle d’Or avec une cuisine voyageuse et un bar de nuit qui joue les prolongations.
Au 26 rue Marbeuf, une fresque peinte à même le mur regarde passer le temps depuis 1938. Elle a connu les boiseries sombres d’un restaurant russe ouvert par une famille venue de l’Est, puis les noctambules de La Caravelle, dancing feutré des années 1970. En 1993, elle a vu débarquer Yannick Noah, qui a créé le Doobie’s, et avec lui des nuits parfois étirées jusqu’au lever du jour. Ce mur en a entendu, des fins de soirée. Mais en 2026, la maison tourne la page et se raconte autrement.
Exit l’étiquette « club ». Le Doobie’s se rêve désormais en appartement secret d’un collectionneur, avec ses souvenirs de voyage et ses objets chargés d’histoires. Sur 400 m², l’architecte Arnaud Behzadi, né à Téhéran et adopté par Paris à onze ans, y compose « moins des décors que des scènes ». La Galerie Strouk a imaginé l’habillage artistique, et les œuvres font partie du récit plus qu’elles ne le décorent.
On circule librement : la Rotonde distribue, le Grand Salon rassemble, le Jardin du soir dévoile la cuisine sous sa verrière, le Retour de Voyage ménage une parenthèse confidentielle et le Petit Salon cultive l’intime.
Des fourneaux au dancefloor
Aux fourneaux, David Mantilla, 40 ans, longtemps aux côtés d’Akrame Benallal, signe une carte unique, du déjeuner au dîner. Le vitello tonnato y côtoie le rouleau de printemps et l’omelette à l’oursin. La milanaise de thon, signature de la maison, détourne un plat familier avec liberté. Il y a aussi le hash brown au caviar osciètre, le sando au wagyu, les linguine au homard, et le barbecue Josper pour la côte de veau ou la volaille de Bresse entière à partager.
Puis la nuit prend le relais. Au bar, on retrouve des cocktails classiques réinterprétés et des créations originales. Côté son, le selector traverse les décennies, du R’n’B des années 1990 à la house de Chicago, avec Madonna, 50 Cent, The Cure ou Daft Punk comme balises. Un lieu hybride comme Paris sait proposer.
Doobie’s, 26 rue Marbeuf, 75008 Paris. @doobies.paris sur Instagram.
Photo de Une : Doobie’s Paris