Hubert de Malherbe : « La digitalisation est la forme ultime de l’écologie »

Trois questions à Hubert de Malherbe, designer et fondateur de l’agence de création Malherbe Paris.

Judith Spinoza

Vous êtes le fondateur de Malherbe Paris, une agence spécialisée dans la conception d’espaces de commerce réels et virtuels. Votre agence est parmi les premières à s’inspirer du modèle du gaming pour imaginer le commerce du futur. Quelle est la force de ce modèle ?

Le gaming répond à une injonction générationnelle : expérimenter plus que de posséder. Il y a des mondes insoupçonnés à inventer dans lesquels les produits seront virtuels : vêtements, cosmétiques, voyages… La digitalisation des produits et des expériences est la forme ultime de l’écologie.

Pouvez-vous préciser le caractère écologique de la digitalisation des produits ?

Dans un monde réel, physique, on consomme en permanence de l’énergie : aller voir une exposition, acheter des vêtements (seconde industrie la plus polluante après le pétrole, ndlr), voyager très loin pour une courte durée… L’intelligence artificielle permet de faire la même chose de façon dématérialisée par l’intermédiaire d’un avatar. Ce digital twin est projeté dans un monde virtuel qui utilise la techno des jeux vidéo pour vivre des expériences inédites. Ainsi, notre digital twin pourra se maquiller, porter des vêtements, voler dans des avions, tout cela virtuellement, sans polluer.

Dans combien de temps estimez-vous que les mondes virtuels peuplés d’avatars seront une réalité ?

C’est déjà massivement le cas dans l’univers du gaming avec les jeux de rôle en ligne massivement multijoueurs. La confusion absolue entre virtuel et réel se fera avec Oculus, un casque de réalité virtuelle détenu par Facebook. D’ici cinq ans, les jeux vidéo et les réseaux sociaux se confondront. La « vraie » vie aussi.

Lire aussi : L’intelligence artificielle au service de la RSE

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