On n’ouvre pas un restaurant comme on coche une case. Il faut que ça brûle un peu, que ça vienne de loin. D’une madeleine bien planquée dans un coin de mémoire, d’une arrière-grand-mère qui s’appelait Irma, ou d’un silence en cuisine, juste avant l’envoi. Irwin Durand, lui, a attendu d’avoir quelque chose à dire pour ouvrir sa première adresse. Et c’est chose faite, dans un écrin intimiste de la rue Cambacérès, à deux pas du tumulte et pourtant si loin.
Chez IRWIN, pas de frime. Juste l’essentiel : une cuisine de souvenirs et de textures, pleine d’aplomb, portée par l’envie de faire vibrer autrement. Le chef, passé par les plus grandes maisons (Guy Savoy, Joël Robuchon, Alan Geaam…), signe ici un retour à la source : celle du goût, du geste, et de cette émotion brute qu’on croyait perdue.
Une table pour se souvenir
Pensé comme un hommage à Irma, la matriarche discrète, IRWIN se décline en deux atmosphères : une salle sobre, presque feutrée, et une table face à la cuisine, pour les plus curieux. Le décor, pensé par JOD architecture, joue avec les ombres comme une partition, révélant l’assiette comme un tableau mouvant.
Avec sa cheffe exécutive Camille Larquemin et la cheffe pâtissière Tessa Ponzo, Irwin compose un trio précis et généreux. Chaque plat est un clin d’œil au passé, revisité avec audace, sans jamais trahir l’essence des produits. Une cuisine de saison, mouvante, à la croisée des chemins entre technique contemporaine et émotion tactile.
IRWIN, c’est plus qu’un restaurant. C’est un lieu où l’on prend le temps. De goûter, d’écouter, de se souvenir.
Carte : menu déjeuner à 68 €, menu en 5 temps à 115 €, menu en 7 temps à 160 €
IRWIN, 22 rue Cambacérès, 75008 Paris. irwin.paris
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Photo de Une : IRWIN




