Si vous deviez vous présenter en quelques mots ?
Anne : J’ai 30 ans et deux enfants. J’aime rire aux éclats et recherche une certaine harmonie dans la vie.
Jacinthe : J’ai 31 ans et je suis aussi maman de deux enfants. Je suis assez extravertie, j’aime faire des rencontres, l’humain m’intéresse. Et je me sens bien dans l’écriture.
Pourquoi ce nom « Les Frangines » ?
Anne : Au moment où l’on cherchait à baptiser notre groupe, nous étions en échange Erasmus à Valence, en Espagne, et tous nos amis nous appelaient « Las Hermanas ». Nous avons tout simplement traduit ça par « Les Frangines ». Ça sonnait bien. C’est réussi, non ?
Qu’est-ce qui vous énerve chez l’autre ?
Jacinthe : J’ai besoin de dire les choses franchement, et ce n’est pas toujours le cas d’Anne.
Anne : C’est vrai que moi, très souvent, je passe au-dessus des choses. Nous avons une façon très différente d’appréhender les événements. Je m’attache moins à certains détails. C’est le seul point qui peut m’énerver chez Jacinthe, mais notre force c’est qu’aujourd’hui nous nous connaissons bien et arrivons toutes les deux à composer avec nos personnalités respectives.
D’où vous vient cet amour pour la musique ?
Anne : Ma mère chantait tout le temps, et j’avais une bande d’amis avec qui nous aimions chanter, danser et nous amuser follement.
Jacinthe : Mon papa nous a beaucoup sensibilisées à l’art et la musique. Mais ma passion est venue plus tard, avec la guitare et la composition de textes.
Votre métier n’est pas tous les jours facile, mais on a l’impression que la chance vous a toujours souri ?
Jacinthe : Oui, c’est vrai. Il y a eu cette rencontre avec Vianney, puis ce tube Donnez-moi. Après, cela a pris du temps, et c’est bien comme ça.
Comment vous répartissez-vous les rôles pour écrire vos chansons ?
Anne : La majorité du temps, nous ne composons pas ensemble. C’est au moment de fabriquer un album que nous partageons nos idées et nos textes. Pour tout le reste, je pense que nous nous complétons bien. Jacinthe est certainement bonnes bases, et cela m’aide chaque jour.
Jacinthe : Mon métier m’a permis de me mesurer à mes limites et me conforter dans le fait que la musique est une grande passion.
Avez-vous toujours aimé la poésie ?
Jacinthe : Nous sommes des littéraires. Nous lisons beaucoup, tout type de livres, notamment des recueils de poèmes. Ce qui nous a plu dans ce projet, c’était de croiser poésie et musique.
Justement, dites-nous-en davantage sur votre dernier album…
Anne : Demain dès l’aube de Victor Hugo a été le premier poème que l’on a mis en musique à 17 ans. Ensuite, ces dix dernières années, nous avons continué à mettre en musique de-ci de-là des poèmes dans l’idée d’en faire un album, un jour. Le spectre est assez large, ça va de Ronsard à Simone Weil. Nous avons choisi des poèmes connus et universels.
Demain dès l’aube a fait un carton, comment l’expliquez-vous ?
Jacinthe : Ce qui est touchant c’est que, à la suite de cette chanson, nous avons reçu beaucoup de messages de professeurs, d’élèves, mais aussi de personnes endeuillées. Nous avons touché beaucoup de monde.
Vous êtes-vous attachées à suivre le programme de l’Éducation nationale pour aider les élèves avec ces poésies ?
Anne : C’est certain que nous avons pensé à choisir des poèmes connus pour que ce soit plus parlant pour les jeunes. Nous avons déjà rencontré plusieurs classes, dont les professeurs étaient sensibles à nos poésies chantées, mais nous n’avons jamais voulu nous enfermer dans le programme scolaire.
N’est-ce pas un peu « has been » de chanter des poèmes à l’époque de TikTok ?
Anne : Même si les moyens de communication ont beaucoup évolué, les pouvoirs de l’écriture et de la lecture restent toujours aussi forts ! Nous croyons que la lecture et la musique seront plus utiles que les réseaux sociaux. Nous aimerions pouvoir toucher beaucoup de jeunes et les aider dans cette période de l’adolescence qui est souvent difficile.
Quelle est la chose la plus importante dans votre métier ?
Jacinthe : Rester ouvertes au monde, continuer à explorer de nouveaux horizons et ne jamais hésiter à nous remettre en question.
Qu’est-ce que le fait d’être chanteuses vous a appris sur vous-mêmes ?
Anne : J’ai appris que j’étais assez flemmarde avec les choses qui ne me plaisent pas. Je me suis aussi rendu compte de ma chance d’avoir une famille qui soit source d’équilibre. Ils m’ont donné les plus proche de l’esprit « artiste » que moi, mais nous avons toutes les deux les mêmes doutes, et la scène est une véritable épreuve pour nous. On ressent un trac fou !
Les Frangines seront en concert au Trianon le 1er novembre 2024. letrianon.fr
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