La cuvée Belle Époque est née un peu par hasard en 1964 quand André Baveret, le directeur des caves, retrouve quatre magnums « à fleurs » signés par Émile Gallé au début du siècle et oubliés dans un placard pendant quelques décennies. Il est alors décidé de recréer cette cuvée parée d’anémones du Japon, qui symbolisent si bien la finesse florale des grands chardonnays, signature de la Maison.
Le flacon baptisé « Belle Époque », avec davantage de chardonnays de Cramant, sera l’écrin d’un blanc de blancs uniquement millésimé. Après la prouesse d’avoir déniché l’artisan verrier capable de reproduire un émaillage en relief, Perrier-Jouët lance la cuvée en association avec Louis Vaudable, propriétaire du Maxim’s, qui en aura l’exclusivité pendant deux ans avec Fauchon.
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À l’époque, peu de Maisons produisent des cuvées spéciales. Premier signe du succès, les clients du restaurant demandent à emporter les bouteilles vides. En 1969, le lancement commercial de Belle Époque a lieu à l’Alcazar à l’occasion du 70e anniversaire de Duke Wellington en compagnie de son ami Maurice Chevalier.
Pour fêter les 60 ans de la naissance de cette cuvée de Perrier-Jouët chez Maxim’s, la Maison d’Épernay, sous la direction artistique de Caroline Bianco, a imaginé de recréer dans cet établissement de Paris Society son univers Art nouveau empreint des œuvres originales de Majorelle, Gallé, Guimard, Mucha, Lalique, Rodin… Pour le lancement de l’opération, au début de l’automne, Perrier-Jouët a même reproduit une pyramide de champagne dans les flûtes anémones, comme en 1964.
Flâneries dans les salons
En arrivant à l’étage, dans le boudoir de la rue Royale, les convives choisissent dans le vaisselier l’un des verres chinés par Coline Raynal, créatrice de l’agence de décoration vintage Mushroom Studio. On peut alors déguster le blanc de blancs Maxim’s ou le millésime 2014 de Belle Époque (à partir de 35 € la coupe), ou encore l’un des trois cocktails dédiés (à partir de 19 €).
En flânant dans les salons scénarisés par l’agence Canon Expériences, on découvre quelques affiches anciennes, une verrerie de collection, des œuvres importées de la Maison de l’avenue de Champagne : une lampe-danseuse de Raoul Larche, une lampe-tulipe d’Albert Cheuret, le guéridon aux libellules de Gallé, une affiche de Mucha, un jeu de backgammon et des miroirs aux couleurs de Belle Époque… et, clou du spectacle, un jéroboam habillé d’une cage dorée, véritable travail d’orfèvrerie de la Maison Félix sur une stèle en faïence de Samantha Kerdine. Quelques exemplaires de ces flacons exceptionnels seront vendus plus tard à des collectionneurs d’art qui seront invités pour l’occasion à la Maison d’Épernay.
Perrier-Jouët La Parenthèse Belle Époque, jusqu’au 31 décembre 2024. Chez Maxim’s, 3, rue Royale, 75008 Paris. restaurant-maxims.com
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Photo de Une : Perrier-Jouët Maxim’s




