Victoria Monfort, si vous deviez vous définir en trois mots ?
Passionnée, sensible et… cyclothymique.
Votre père est une figure emblématique du paysage audiovisuel français. Comment cette filiation a-t-elle influencé votre parcours artistique ?
Le fait d’avoir un papa dans le milieu des médias m’a aidée à me sentir plus à l’aise dans cet univers, où la concurrence est forte. J’ai toujours voulu être comédienne. Il m’a donné l’envie, la curiosité, la volonté d’aller vers les autres et, surtout, celle de jouer la comédie, mais je portais déjà ce désir en moi.
Avant de vous lancer pleinement dans la comédie, vous avez exploré d’autres domaines : télévision, journalisme, mode… À quel moment avez-vous su que le théâtre serait au cœur de votre trajectoire ?
J’ai obtenu mon baccalauréat en option théâtre, puis j’ai validé une licence en journalisme. Finalement, je me suis laissée guider par mon cœur, ce qui m’a conduite vers les planches. J’ai suivi une école pendant trois ans. Le théâtre a toujours été au fond de moi : enfant, j’allais beaucoup voir des pièces et des spectacles avec mon père. Cela m’a énormément nourrie.
Comment abordez-vous un rôle ?
Je ne me considère pas comme une actrice cérébrale : sur scène, la bonne manière de jouer me vient tout simplement. Pourtant, même si je suis très spontanée dans mon approche, j’aime aussi qu’on me dirige.
Y a-t-il une rencontre ou une expérience qui a marqué un tournant dans votre carrière ?
Oui, une rencontre essentielle même : j’ai épousé l’un des comédiens avec qui j’ai coécrit la pièce Moi je joue, Hugo Cremaschi. Nous nous sommes connus sur Instagram. J’ai eu un vrai coup de foudre. En le voyant jouer de la guitare dans sa story, j’ai eu envie de le rencontrer. J’ai donc prétexté chercher un professeur pour apprendre cet instrument… et l’histoire était lancée !
Dans un milieu aussi exigeant que celui du spectacle vivant, comment trouvez-vous l’équilibre entre votre vie professionnelle et votre vie personnelle ?
J’ai du mal à couper, car je vis et travaille avec mon mari, qui est à la fois acteur et musicien. Je m’occupe beaucoup de ma fille, et, d’ailleurs, je suis triste si je n’arrive pas à travailler suffisamment.
Si vous n’aviez pas été comédienne, quel métier auriez-vous aimé exercer ?
Avocate pénaliste !
Parlez-nous un peu de Moi je joue. Quel est le point de départ de cette pièce ?
Tout est parti d’un « non » reçu après le casting d’un biopic sur Bardot, réalisé par Danièle Thompson. Cela m’a fait réfléchir aux difficultés que les comédiens rencontrent quand ils doivent passer des castings par vidéo. Avec Hugo, nous avons d’abord écrit plusieurs scènes d’un court-métrage sur ce thème. Puis, peu à peu, l’idée d’en faire une pièce a germé. Enfin, avec Julien Grange – le troisième coauteur – nous avons voulu recréer une ambiance proche de celle du Splendid, ce lieu mythique où une bande d’amis montait sur scène ensemble.
Votre personnage dans Moi je joue vous ressemble-t-il d’une certaine manière ?
Adèle est une comédienne qui rêve de cinéma. Après avoir été une star sur Canal J à l’adolescence, elle mise aujourd’hui tout sur ce biopic. À la fois féminine, drôle et pleine d’ambition, elle me ressemble surtout à travers les questions que soulève la pièce : Quel est le bon moment pour avoir un enfant quand on est artiste ? Serais-je prête à repenser mes priorités pour cela ?
Comment le public réagit-il à la pièce ?
Nous l’avons jouée l’an passé à Paris, où l’accueil a été très bon – nous avons d’ailleurs prolongé de trois mois –, puis nous l’avons présentée l’été dernier à Avignon. Là-bas, il y a beaucoup de compétition ; il faut se battre, vendre son spectacle. Cette adrénaline du « va-t-on remplir la salle ? » est très stimulante. Nous l’avons rejouée cet été à Avignon dans le cadre du Festival Off.
Quels sont vos projets à venir, au théâtre ou ailleurs ?
J’ai la chance d’amener cette pièce en Californie. Cela fait six mois que je vis à Los Angeles, et je suis très heureuse d’avoir pu porter ce projet jusqu’aux États-Unis. À suivre !
Moi je joue !, mise en scène de Thaïs Herbreteau, avec Victoria Monfort, Marion De Schrooder, Hugo Cremaschi et Julien Grange. En tournée dans toute la France.
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Photo de Une : Victoria Monfort © DR




