week-end à bologne

48 heures à Bologne

On la traverse souvent sans s’arrêter, coincée sur la carte entre Florence et Venise. C’est une erreur. Bologne, capitale de l’Émilie-Romagne, mérite mieux que ce statut de ville de passage. Surnommée « La Rouge » pour ses toits de brique, « La Savante » pour sa prestigieuse université fondée en 1088, et « La Grasse » pour une tradition culinaire que lui envient toutes les autres régions d’Italie, elle déroule ses quarante kilomètres d’arcades classées à l’Unesco avec une certaine élégance nonchalante. Ce week-end, on ralentit sous les portiques.

Lola Bondu

Vendredi

20h : Arriver et ne plus vouloir repartir

Une fois sur les terres d’Émilie-Romagne pour commencer ce week-end à Bologne, on pose les valises à l’Art Hotel Commercianti, niché dans un édifice qui fut l’ancien hôtel de ville au XIIe siècle. Avec ses plafonds voûtés, ses poutres apparentes et ses balcons qui donnent directement sur les vitraux gothiques de la basilique San Petronio, l’endroit résume à lui seul le rapport particulier de cette ville à son histoire. La chambre décrochée, on ressort aussitôt. La Piazza Maggiore s’anime le soir d’une façon qu’aucun guide ne sait vraiment décrire : les familles, les étudiants, les retraités y cohabitent sans problème. Un verre de pignoletto, le blanc pétillant local, s’impose en terrasse avant de plonger dans la nuit bolognaise.

Art Hotel Commercianti, Via de’ Pignattari, 11, 40124 Bologna. art-hotel-commercianti.com

Samedi

9h30 : Le Quadrilatero, un marché comme seule l’Italie en fait

Avant que la ville ne s’éveille vraiment, on file au Quadrilatero, le réseau de ruelles médiévales qui s’étire entre la Piazza Maggiore et la Via Rizzoli. Via Pescherie Vecchie, Via Drapperie, Via Caprarie : les étals s’enchaînent dans un désordre savamment orchestré, mortadelles suspendues au plafond, pyramides de Parmigiano Reggiano, barquettes de tortellini crus prêts à cuire. Chez Paolo Atti & Figli, fondé en 1880, on succombe à une sfoglia toute fraîche et à quelques tranches de culatello. On embarque le tout pour un pique-nique improvisé façon petit déjeuner salé sous les arcades voisines, avec un verre acheté deux rues plus loin. C’est aussi simple que ça, et c’est exactement pour ça qu’on aime Bologne.

Mercato del Quadrilatero, Via Pescherie Vecchie, 40124 Bologna.

Paolo Atti & Figli, Via Caprarie, 7, 40124 Bologna. paoloatti.com

11h : Piazza Maggiore et ses fantômes médiévaux

 

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On revient sur la grande place avec un café en main et les yeux grands ouverts. La Piazza Maggiore est l’une des plus belles places médiévales d’Italie. Le Palazzo d’Accursio, qui servit de siège au pouvoir municipal pendant des siècles, abrite aujourd’hui la bibliothèque multimédia Salaborsa. Un espace Art nouveau dont le sol en verre transparent laisse voir des fouilles archéologiques romaines en contrebas. Dehors, la fontaine de Neptune de Giambologna (1566), en marbre et bronze, toise la place d’un air souverain. À deux pas, les tours jumelles Asinelli et Garisenda dominent les toits rouges comme des sentinelles. La tour Asinelli, haute de 97 mètres, se grimpe encore : 498 marches pour une vue à couper le souffle sur la ville et les collines.

Biblioteca Salaborsa, Piazza del Nettuno, 3, 40124 Bologna. bibliotecasalaborsa.it

Torre degli Asinelli, Piazza di Porta Ravegnana, 40126 Bologna.

13h : Tagliatelles chez Anna Maria

 

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Pour notre premier déjeuner de ce week-end à Bologne, on ne cherche pas midi à quatorze heures : direction la Trattoria Anna Maria, fondée en 1985, quelques rues au nord de la Piazza Maggiore. Les murs sont tapissés de photos dédicacées par les étoiles du Teatro Comunale voisin, le service est direct et chaleureux, et les tagliatelles al ragù – tirées chaque matin à la main par les sfogline maison – sont d’une justesse à faire pâlir n’importe quel concurrent. On commande aussi les tortellini en bouillon, spécialité de la maison que les locaux considèrent comme la seule vraie version acceptable. Prévoir de réserver la veille : la salle est petite, la réputation grande.

Trattoria Anna Maria, Via delle Belle Arti, 17/A, 40126 Bologna.

15h30 : La Finestrella et les canaux cachés

Peu de visiteurs savent que Bologne dissimule, sous ses rues et ses murs, un réseau de canaux hérités de l’âge d’or médiéval de la ville, quand l’industrie de la soie et du textile en avait besoin. La plupart ont été couverts au XIXe siècle. Mais Via Piella, dans le quartier des Pescherie, une petite fenêtre percée dans un mur, la Finestrella di Via Piella, offre une vue saisissante sur le Canale delle Moline. Le cadre est tellement pittoresque qu’il a souvent été comparé, peut-être de façon quelque peu exagérée, à une miniature de Venise. Depuis là, on longe les canaux encore visibles vers Via Oberdan et Via Riva di Reno avant de faire halte au Museo del Patrimonio Industriale pour comprendre comment l’eau a façonné la ville.

Finestrella di Via Piella, Via Piella, 40122 Bologna.

Museo del Patrimonio Industriale, Via della Beverara, 123, 40131 Bologna. museibologna.it

20h : L’Osteria del Sole, une institution sans cuisine

Le soir venu, une dernière escapade s’impose. À deux pas du Quadrilatero, une porte discrète percée dans un mur de Vicolo Ranocchi – pas d’enseigne, juste le mot « Vino » griffonné au-dessus – donne accès à l’Osteria del Sole, fondée en 1465 et considérée comme l’un des plus anciens bars du monde encore en activité. La règle est simple, immuable : on ne sert ici que du vin et de la bière. Pas de cuisine. On apporte sa propre nourriture, achetée chez les traiteurs voisins. Tables en bois brut, murs qui racontent cinq siècles de fêtes et de ragots, mélange improbable d’étudiants, de retraités et de touristes avisés. Un moment hors du temps, à savourer avec un verre de sangiovese.

Osteria del Sole, Vicolo Ranocchi, 1/D, 40124 Bologna. osteriadelsole.it

Dimanche

9h : Sous les arcades

En week-end à Bologne, le dimanche matin appartient aux collines. On part tôt, à pied depuis Porta Saragozza, pour emprunter le Portico di San Luca : 3,8 kilomètres de galeries voûtées (666 arches, selon la légende) qui grimpent en serpentant jusqu’à la basilique de Madonna di San Luca, perchée à 289 mètres d’altitude sur le coteau de Monte della Guardia. Ce portique est le plus long du monde, et l’ascension récompense par une vue circulaire sur Bologne, ses toits rouge brique et la plaine du Pô qui s’étire jusqu’à l’horizon. La basilique elle-même, coiffée de son dôme elliptique, mérite une visite. On redescend ensuite par le même chemin, les jambes légères, l’appétit aiguisé.

Portico di San Luca, Via Saragozza, 40135 Bologna.

13h30 : Un chocolat avant le départ

 

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Avant de terminer ce week-end à Bologne, une dernière halte s’impose Via de’ Carbonesi. Majani, fondée en 1796 par Teresa Majani « dans l’ombre de la basilique San Petronio », est la plus ancienne chocolaterie de la ville et l’une des plus vieilles d’Italie. La boutique, avec ses boiseries Belle Époque et ses vitrines parfaitement ordonnées, est un musée à elle seule. On craque pour les cremini, ces petits carrés fondants composés de quatre couches de pâte d’amandes et de noisettes, inventés en 1911 pour célébrer la sortie de la Fiat Tipo 4, et pour les tortellini en chocolat, clin d’œil gourmand au symbole de la ville. À glisser dans la valise comme délicieux souvenir.

Majani, Via de’ Carbonesi, 5, 40123 Bologna. majani.com


Lire aussi : 48 heures à Florence


Photo de Une : © Anita Malina_Wiki Loves Monuments

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