alexandra golovanoff

Alexandra Golovanoff inaugure une nouvelle adresse parisienne

Figure emblématique du chic à la française, Alexandra Golovanoff incarne une mode à la fois sensuelle et subtile, audacieuse sans jamais forcer le trait. Cinq ans après avoir posé ses valises sur la rive gauche, la créatrice ouvre une seconde boutique, cette fois sur la rive droite, rue du Mont-Thabor. Un écrin raffiné, chaleureux et résolument intemporel.

Olivia de Buhren

Si votre parcours était une matière, serait-ce du lin froissé, de la soie brute ou du cuir patiné ?

Je dirais du jean. C’est une matière qui se bonifie avec le temps, qui garde la mémoire de ce qu’on a vécu, ressenti, traversé. Mon jean a vu les bancs de l’école, l’arrière d’un scooter, il a voyagé jusqu’en Inde… et il est toujours là, 30 ans plus tard, fidèle compagnon de route.

Qu’est-ce qui vous a poussée à passer de journaliste mode à créatrice ? Était-ce un coup de foudre ou une évidence qui s’est imposée lentement ?

J’ai eu la chance inouïe de rencontrer régulièrement les plus grands créateurs – Karl Lagerfeld, entre autres, que j’ai interviewé six fois en un an. Des rencontres formatrices, inspirantes. Mais à force d’arpenter les défilés, j’ai ressenti une forme de lassitude, presque un désenchantement. J’ai détesté cette sensation. Alors, j’ai décidé de créer ma propre marque, Maison Alexandra Golovanoff, en imaginant des vêtements que j’avais envie de porter, tout simplement.

Quelle pièce incarne le mieux l’esprit de votre marque ?

Le pull en cachemire Mila. Il résume tout : le confort sans concession sur le style, une coupe subtilement floue, une sensualité retenue. À l’origine, il y avait deux modèles : le Mila et le Virgile, les prénoms de mes enfants – une rivalité familiale ! C’est le Mila qui s’est imposé. Aujourd’hui, il est notre best-seller, aux côtés du pantalon en velours et du cardigan.

Qui est votre cliente type ?

C’est madame Tout-le-Monde, et j’en suis ravie. Des femmes d’affaires classiques, des passionnées de mode, parfois issues de grandes Maisons, mais qui ne s’habillent pas exclusivement en Chanel… Et puis, j’ai beaucoup de duos mères-filles, ce qui me touche énormément. J’essaie de proposer une mode belle et accessible, c’est essentiel pour moi.

Êtes-vous attentive à une mode plus responsable ?

Absolument. J’ai grandi avec cette idée de recycler, transformer, conserver. C’est inscrit dans mon ADN. Toutes nos collections sont fabriquées en France – à l’exception de la maille –, et, pour le tissu de nos petites vestes, nous récupérons auprès de la plateforme Nona Source des stocks dormants de grandes Maisons. J’ai à cœur de faire les choses proprement, du mieux possible.

Vous venez d’ouvrir une seconde boutique, rive droite. Chaque rive a-t-elle son identité propre ?

C’est une vraie découverte ! Nous sommes historiquement très rive gauche, mais, rue du Mont-Thabor, c’est une autre énergie. Une clientèle plus mode, plus audacieuse, qui consomme différemment. Pour ce lieu, j’ai imaginé une capsule denim qui fonctionne très bien, et j’en ai profité pour faire évoluer le logo. À mes débuts, il était minuscule, je n’osais pas m’afficher, je m’excusais presque d’exister. Aujourd’hui, après dix ans, je m’affirme : je suis là, j’existe, et le logo a grandi.

Si cette boutique était un film, lequel serait-ce ?

Marcello mio de Christophe Honoré. Cette quête d’identité, ce voyage intérieur, cela résonne avec ce que j’essaie de proposer dans ce nouvel espace parisien. Comme Chiara Mastroianni se glisse dans la peau de son père pour mieux se comprendre, j’espère que mes clientes, en entrant dans ce lieu, reconnectent avec une version plus vraie, plus affirmée d’elles-mêmes. C’est ce que j’essaie de faire aussi dans mon livre* : interroger la question du goût, pour aider les autres à trouver le leur.

Et pour demain, à quoi rêvez-vous ?

J’ai déjà accompli beaucoup de choses – un livre, un parfum** – mais aujourd’hui, je me concentre sur l’essentiel : mes collections et cette nouvelle boutique, pensée avec amour par ma sœur, qui est architecte, en utilisant autant que possible des matériaux locaux. C’est une aventure très personnelle, et très belle.

* Le Goût, le Goût, le Goût d’Alexandra Golovanoff, Presses de la Cité, 23 €

** Eucalyptic Eau de Parfum, 90 € les 100 ml (disponible sur l’eshop de la marque)

Maison Alexandra Golovanoff, nouvelle boutique rive droite : 21 rue du Mont-Thabor, 75001 Paris. Boutique rive gauche : 5 rue de Varenne, 75007 Paris. alexandragolovanoff.com


Lire aussi : Boutiques hybrides, les nouveaux temples du luxe


Photo de Une : Alexandra Golovanoff

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