Pour quelle raison le traditionnel sapin de la place du village a-t-il été repensé cette année ?
Traditionnellement, nous cherchions un sapin lourd et homogène de 21 mètres qu’il fallait absolument couper parce que trop proche d’une maison ou d’une route. Or, les sapins conformes à ce cahier des charges se raréfient si bien que, ce 7 décembre, il a été remplacé par une structure métallique décorée, cette année, par la Maison Messika.
Est-ce la preuve que Megève repense son offre face aux changements climatiques ?
Plus qu’une station, Megève est un village qui vit à l’année. Le manque de neige n’est donc pas une souffrance mais une source d’opportunités et de défis. Ainsi, nous envisageons le tourisme de demain autour de plusieurs axes.
D’abord, le développement du tourisme d’affaires, avec, en janvier dernier, l’ouverture du Centre des Congrès, à 50 minutes de Genève, qui permet d’élargir nos activités économiques.
Ensuite, en mettant en place un événementiel qui ne soit pas dépendant de la neige. Chez nous, la saison commence avant l’ouverture du domaine avec l’illumination du sapin de Noël. Nous avons également investi dans des aménagements afin que la place reste magique en hiver, avec ou sans neige. Enfin, on renonce à certains événements coûteux, comme une coupe du monde de ski.
Megève affiche 110 ans de tourisme. Est-ce aussi une force sur laquelle vous misez ?
En effet. Avant l’avènement du tourisme hivernal, le village était une halte bienfaitrice et un lieu de pèlerinage lié au patrimoine religieux. Puis il y a eu l’ouverture du premier palace en 1927. Depuis cette date, l’art de vivre et l’excellence font partie de l’ADN de Megève. D’ailleurs, certains chalets ou établissements sont devenus des « destinations dans la destination ».
À ce titre, l’hôtel 5 étoiles Lodge Park a rouvert ses portes en décembre et, cet été, le chef étoilé Marc Veyrat a ouvert un restaurant gastronomique intimiste au centre de Megève. De son côté, Emmanuel Renaut, chef triplement étoilé, a repris les commandes du Prieuré. Nos chiffres témoignent de cet engouement : en deux mois, les retombées économiques sont de 200 millions d’euros, contre 20 millions dans d’autres stations.
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Photo de Une : Megève © DR




