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Dry January, quand le sans alcool a la côte

Après les excès des fêtes, de plus en plus de personnes relèvent le défi du Dry January, un mois de janvier « sec » où l’on ne boit plus une goutte d’alcool. Oubliez les sodas et autres eaux gazeuses, le marché du sans alcool en France fait désormais place aux boissons raffinées.

Lola Bondu

C’est à s’y méprendre. Lors de la dégustation d’un verre du « Rosé » de French Bloom, les papilles semblent retrouver toute la palette aromatique du vin effervescent, sans qu’il n’y ait une seule goutte d’alcool. Cette référence de la marque portée par Maggie Frerejean-Taittinger et Constance Jablonski a d’ailleurs été élue meilleur pétillant sans alcool au monde en 2023. « L’alcool n’a pas le monopole des boissons raffinées », plaide Fathi Benni, cofondateur de Le Petit Béret avec le sommelier Dominique Laporte.

 

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Cette marque spécialisée dans les alternatives sans alcool fait partie des pionnières du genre. Lancée en 2015, elle vend désormais plusieurs millions de bouteilles chaque année, en particulier sur le marché international. Elle est distribuée dans 51 pays dans le monde, à la fois auprès de « zones blanches », comme l’Arabie Saoudite, le Maroc ou la Tunisie, mais aussi de pays qui consomment de l’alcool (Etats-Unis, Corée du Sud, Scandinavie…). Aujourd’hui forte de ses 15 salariés, elle a vu sa croissance doubler en deux ans.

Plus d’un Français sur deux prévoit de réduire sa consommation d’alcool

Il faut dire que le marché du sans alcool en France est certes encore jeune, mais gagne en crédibilité. Une enquête OPUS menée par CGA démontre que 52 % des Français prévoient de réduire leur consommation d’alcool et 41 % boivent des mocktails. Même les spécialistes des spiritueux s’y mettent : la plateforme The Avant Gardists, lancée en 2022 par La Maison du Whisky, propose ainsi une vingtaine de références sans alcool sur 220. Une catégorie qui a du succès puisqu’une bouteille sur six vendues sur la plateforme est sans alcool.

Ces marques veulent ainsi remplacer les sodas et eaux gazeuses, habituellement choisis comme alternatives sans alcool. Certaines se trouvent sur ce créneau depuis plusieurs années, à l’image de Gimber, une boisson à base de gingembre bio ultraconcentrée. Lancée il y a six ans, Gimber est aujourd’hui distribuée dans 7 000 points de vente.

Plus récemment, Accent, marque sœur de Club-Maté, s’est installée sur le marché. « Nous avons pour objectif de travailler les alternatives sans alcool pour ceux qui cherchent des produits à la fois bons pour la santé et aussi goûtus que certains vins ou cocktails », avance Agathe Pageaut, en charge de la communication et du marketing. La marque refuse de proposer des boissons « de niche, comme celles à base de fenouil » et a plutôt misé sur trois références, dont un tonic à la gentiane « qui rappelle la Suze » et une ginger beer à base de gingembre français. « C’est une gamme qui se boit aussi bien en soft qu’en cocktail, avec ou sans alcool. On ne veut pas remplacer, on veut ouvrir le choix. »

Gastronomie étoilée et sans alcool, le nouveau pairing pour le Dry January

Le Petit Béret, qui revendique l’inauguration du « premier château sans alcool, situé dans le sud de la France », porte également le rêve de ses fondateurs de permettre à toute personne, même celle qui n’a pas accès aux produits alcoolisés, de découvrir la vigne. « C’est une marque inclusive », sourit Fathi Benni, qui évoque pêle-mêle des raisons de santé, culturelles et religieuses. C’est aussi une alternative healthy : alors qu’un verre de vin contient une centaine de calories, la marque Petit Béret affiche une vingtaine de calories pour ses boissons.

La tendance du sans alcool vient s’immiscer jusque dans les cartes des grands chefs. Loïc Villemin, David Toutain, Anne-Sophie Pic, Jérémy Galvan… Nombreux sont ceux qui cherchent à amener leur pairing plus loin que l’habituel accord mets-vin, avec des boissons à base de plantes, de fruits et légumes, d’herbes aromatiques, voire même du thé. En septembre 2023, Mauro Colagreco a poussé l’expérience encore plus loin en proposant une gamme de boissons sans alcool au grand public. Avec son associée Arielle Bove, il a lancé Tempera, une marque qui reprend ses expérimentations de boissons sans alcool qu’il teste au Mirazur.

 

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Après un an de recherche et développement pour industrialiser et rendre plus accessibles les recettes, les voilà distribuées à grande échelle en France. « Notre objectif, c’est l’ancrage de la marque en France, sur un marché du sans alcool pas encore très mature, développe Arielle Bove. Il y a un gros travail de pédagogie à faire pour se différencier des sodas, notamment à travers l’expérience gustative. »

Tout est dans l’expérience

La forme des bouteilles de Tempera rappelle celles du vin, mais l’associée de Mauro Colagreco prévient : il ne faut pas s’attendre à retrouver les mêmes arômes. Pour les six références de la marque, entièrement made in France, la sensorialité, la texture, le nez de chaque boisson ont été travaillés pour que l’expérience soit la plus raffinée possible. « De plus en plus de chefs se tournent vers ce créneau, c’est la créativité des chefs qui mènent la danse, estime Arielle Bove. Le pairing sans alcool, c’est un moyen d’offrir quelque chose de nouveau. »

Le pairing peut même s’éloigner drastiquement de la vigne. La marque Jardins a ainsi lancé sa gamme Bulles de jardins, des pétillants sans alcool bio et peu sucrés destinés à être accordés avec des plats. La référence Pimenté, à base de rose de Damas et de piment, s’accorde ainsi avec du poisson, quand Ambré, à base de noix et de raisins blancs, peut accompagner un plateau de fromages.

« Le secteur a été abîmé par des produits peu aboutis, qui ont rebuté les Français, analyse Arielle Bove de Tempera. Mais il y a désormais de nouvelles expérimentations et un public de plus en plus ouvert à la question. Ce qui compte, c’est d’avoir quelque chose de sophistiqué dans son verre. » Preuve de cette ouverture d’esprit, la marque French Bloom ouvre un pop-up à La Grande Epicerie de Paris à l’occasion du Dry January. De quoi se faire plaisir tout en se remettant des excès des fêtes.

Pop-up French Bloom à La Grande Epicerie de Paris, du 5 au 31 janvier 2024, 38 rue de Sèvres, 75007 Paris et 80 rue de Passy, 75016 Paris. lagrandeepicerie.com


Lire aussi : Slow drinking, une nouvelle manière de consommer


Photo de Une : à gauche, Tempera, à droite, French Bloom.

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