Et voici la révolution de l’apéritif selon la Gen Z. Elle est en marche, silencieuse, colorée, et décomplexée. Certes, les moins de 30 ans boivent moins, mais ils ne sont pas forcément abstinents. La Gen Z se rangerait plutôt dans la catégorie des flexibuveurs, alternant volontiers entre boissons alcoolisées et non alcoolisées au cours d’une même soirée, une pratique baptisée « zebra striping ». Ils sont en quête de bien-être et d’équilibre, un penchant largement porté par les réseaux sociaux.
La première grande gagnante de cette mutation est la catégorie des vins et spiritueux sans alcool. Longtemps cantonnée au rang de punition obligatoire pour le conducteur désigné, elle s’est métamorphosée en territoire de désirabilité. Les jeunes consommateurs ne cherchent plus à éviter l’alcool : ils veulent vivre la même expérience sensorielle, sans nécessairement consommer d’éthanol. Les Maisons l’ont bien compris. Dans l’univers du vin, des références comme French Bloom, Chavin, Nooh du Château La Coste, Prince Oscar du Clos de Boüard ou encore Sigalas Rabaud x Moderato, premier grand cru classé décliné sans alcool, investissent le segment avec des cuvées sophistiquées, pensées pour la gastronomie comme pour les moments festifs.
Du côté des spiritueux, la créativité est tout aussi foisonnante. JNPR, pionnier français du sans-alcool botanique, s’est imposé grâce à ses assemblages sans sucre inspirés du gin. Osco revisite l’apéritif méditerranéen autour du verjus, Djin Spirits mise sur les plantes médicinales et le bio. Les géants historiques ne restent pas spectateurs : Martini décline ses versions Vibrante et Floreale, Suze lance son Tonic 0 %, le gin Beefeater propose sa version zéro degré et l’anisé Pacific se réinvente avec de nouveaux parfums. Même les chefs étoilés s’emparent du phénomène en élaborant des accords mets-mocktails.
Prêts à siroter
Autre phénomène qui séduit une génération adepte de la livraison rapide : les cocktails prêts à boire, ou RTD (Ready To Drink), parfois appelés prêts-à-servir afin de se différencier des versions très sucrées des années 1990. La nouvelle vague revendique une approche premium, plus artisanale et esthétique. Les contenants, bouteilles ou canettes, se parent de graphismes léchés, les recettes s’inspirent de la mixologie et les ingrédients affichent leur traçabilité.
Des marques comme Le Barteleur, Garden, Cravan, Ely’s ou encore les cocktails à base de cognac Hennessy VS illustrent cette montée en gamme. Les rhums avaient déjà ouvert la voie avec les arrangés aux multiples parfums (Ti Ced, Old Nick), tandis que The Cocktailist transforme chacun en bartender d’un soir grâce à ses coffrets à composer à domicile. La démocratisation des bars à cocktails indépendants et l’explosion des apéritifs maison ont changé les habitudes. Nul besoin d’investir dans un shaker, cinq bouteilles et la bible de la mixologie quand un excellent Negroni attend au frais.
La canette est désormais l’un des emblèmes de cette nouvelle culture liquide. Jadis réservée à la bière industrielle, elle a conquis l’univers du vin. Des marques comme JP Chenet, Miss Vicky Wine ou les rosés de Maison Mirabeau (Prêt-à-Porter), des Maîtres Vignerons de la presqu’île de Saint-Tropez (Nomad 83) et du Domaine Montrose (Solis Lumen), en bio, revisitent ainsi la dégustation avec des formats plus libres et moins intimidants.
Du côté des spiritueux, la créativité est tout aussi foisonnante. JNPR, pionnier français du sans-alcool botanique, s’est imposé grâce à ses assemblages sans sucre inspirés du gin. Osco revisite l’apéritif méditerranéen autour du verjus, Djin Spirits mise sur les plantes médicinales et le bio. Les géants historiques ne restent pas spectateurs : Martini décline
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Des produits plus sains
La même logique explique le succès croissant des hard seltzers, ces boissons pétillantes venues d’outre-Atlantique, légèrement alcoolisées et souvent aromatisées aux fruits naturels. Elles répondent à la quête de fraîcheur des jeunes consommateurs. Plume & Petal, développée par Bacardi, ou Féfé, créée par le bar Le Syndicat, figurent parmi les références emblématiques de cette catégorie qui brouille les frontières entre cocktail, soda premium et boisson bien-être.
La quête d’ingrédients naturels influence fortement les nouvelles créations. Le kombucha, le kéfir ou encore l’hydromel connaissent ainsi un regain spectaculaire. Les smoothies enrichis en spiruline, graines de chia ou açaï séduisent les adeptes du wellness, tandis que le golden milk, à base de lait et de curcuma, s’impose dans les coffee shops. Les cocktails eux-mêmes évoluent. Fruits frais, herbes aromatiques locales, sirops artisanaux, infusions maison et eaux pétillantes remplacent progressivement les arômes artificiels. Des créations comme la gamme Douze, élaborée à partir d’ingrédients naturels, sans sucre ajouté ni colorant artificiel, illustrent cette tendance.
Saké ou ube
L’influence culturelle joue également un rôle majeur dans l’émergence de nouvelles catégories. Le saké en est l’exemple parfait. Longtemps associé à un breuvage brûlant servi en fin de repas, cet alcool de riz fermenté, qui ne titre qu’entre 14 et 18 % vol., séduit aujourd’hui les jeunes urbains fascinés par l’esthétique japonaise, les mangas et la gastronomie nipponne. Les accords mets-sakés fleurissent dans les restaurants tendance, tandis que des institutions comme La Maison du Saké, à Paris, participent à son rayonnement. Les consommateurs découvrent progressivement la diversité de ses profils aromatiques : floraux, fruités, pétillants ou nature.
Quant à l’ube, cette igname violette originaire des Philippines, elle fait une percée remarquée cet été. D’abord popularisée dans les boissons sans alcool et les desserts, elle gagne désormais l’univers du cocktail. Son sirop est notamment mis en scène par Don Papa dans sa série de recettes Taste of Purple. Sa couleur spectaculaire pourrait bien reproduire l’engouement suscité par le spritz et sa teinte orangée iconique.
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Photo de Une : Douze



