Samedi 2 novembre, 8 heures, Bessans. Ce village de haute altitude, au bout de la vallée de la Haute Maurienne, en Savoie, a été la première station française à ouvrir cette année son domaine nordique, et ce, sans canon à neige. Grâce à la technique du snowfarming, littéralement « culture de la neige », qui consiste à stocker de la poudreuse sous des bâches isolantes ou de la sciure pour la réutiliser au début de la saison suivante, c’est une piste immaculée de 3,3 kilomètres qui a pu être étalée, plusieurs jours durant, par les services de la ville.
Encore inconnue il y a quelques années, la pratique du snowfarming, venue de Finlande, se développe de plus en plus dans les stations alpines de basse altitude pour aider à survivre face à une saison hivernale raccourcie et une baisse annoncée des précipitations neigeuses (–30 % d’ici 2050). C’est Marko Mustonen, directeur de la station Levi à Kittilä, qui le premier a adopté cette méthode en 2016 au moment d’accueillir la coupe du monde de slalom.
La solution pour ne pas se passer de la glisse
Grâce au snowfarming, il a évité l’utilisation de neige artificielle, à la fois coûteuse et dépendante des températures. « Cela nous a permis d’être sûrs d’avoir de la neige pour le départ de la compétition », explique Marko Mustonen. « Pour les équipes de France, c’est essentiel de pouvoir attaquer début novembre, comme toutes les autres nations, en Suisse ou en Scandinavie », précise Olivier Michaud, le patron du ski de fond tricolore.
L’an passé, la fameuse station finlandaise a ainsi signé un record en stockant 200 000 m3 sous d’immenses bâches blanches isolantes. De quoi remplir 80 piscines olympiques et afficher, sur le site de la station, le slogan « sept mois de neige garantis ».
Davos, en Suisse, a emboîté le pas à Kittilä, de manière à pouvoir assurer un enneigement constant et attractif, particulièrement pour les compétitions internationales. Puis la station savoyarde de Bessans a suivi en 2018, faisant figure de pionnière en France. « Sans le snowfarming, explique Jérémy Tracq, son maire, on ne pourrait pas garantir une date d’ouverture. C’est la seule manière que l’on a de maximiser le début de saison. »
En 2021, cette petite station de Haute Maurienne a ainsi accueilli près de 5 000 skieurs dès l’automne, contre moins de 1 000 avant l’introduction de cette méthode, en stockant environ 20 000 m³ de neige. Désormais, d’autres villages, comme Les Saisies, Le Grand Bornand ou même Courchevel, ont imité Bessans et ont vu s’élever ces immenses dômes de sciure à proximité d’endroits abrités, notamment le pas de tir de biathlon.
Fatbike et trottinette électrique, descendre sans dépendre de la neige
Le fatbike, qui permet de dévaler des pistes aménagées, même avec peu de neige, sur des pneus extralarges et cramponnés, offre une alternative à la glisse traditionnelle. Adapté à toutes les saisons, il séduit de plus en plus les amateurs de sensations fortes. Les Saisies, en Savoie, a misé sur cette tendance il y a cinq ans en aménageant des pistes spécifiques et en organisant des sorties encadrées sous le mot d’ordre « Venez étancher votre soif de ride, même en hiver ! »
À Chamonix, Sébastien Mérique, moniteur chez Evolution 2, propose quant à lui des initiations d’une heure sur des trottinettes électriques à double moteur et aux roues de 24 pouces. « L’activité, précise-t-il, est en place depuis maintenant quatre ans et s’adresse principalement aux non-skieurs en quête de moments fun et ludiques ! »
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Photo de Une : © Anthony DeLorenzo




