Telmont

Telmont, le goût du futur

Ludovic du Plessis est souvent présenté comme le trublion de la Champagne. Qu’importe ! Pour le président de Telmont, c’est positif. Près de quatre ans après la reprise de la Maison avec le groupe Rémy Cointreau, actionnaire majoritaire, l’heure est au premier bilan.

Stéphanie Gendron

Vous avez lancé le manifeste « Au nom de la Terre » en 2021, avec l’objectif de devenir zéro émission nette d’ici à 2050. Quel est le premier bilan ?

Ces trois dernières années ont été très positives. Nous enregistrons une croissance à deux chiffres, là où la Champagne a un peu plus de mal. Nous vendons 400 000 bouteilles, dont 70 % dans les restaurants, 20 % chez les cavistes et 10 % en direct. Quant au volet biodiversité, nous avons planté 2 949 charmilles, et la vie des sols est déjà revenue : nous notons 30 % d’espèces supplémentaires. Nous continuons donc de prêcher pour l’agriculture biologique, c’est- à-dire pas d’herbicide, pas de pesticide et pas de chimie de synthèse.

Où en êtes-vous dans cette transition bio ?

Nous exploitons 25 hectares en propre, et 75 hectares via nos vignerons partenaires. Au total, 70 % sont en agriculture biologique. La nouvelle génération de vignerons a envie d’y aller. C’est très encourageant. Ils frappent à notre porte parce que nous les aidons d’un point de vue technique, mais aussi financier : nous payons les raisins bio 25 à 30 % plus chers et, pendant les trois ans de conversion, on leur verse une prime.

Vous venez de dévoiler votre nouvelle cuvée bio Réserve de la Terre. Quelles sont ses spécificités ?

Nous avions commencé avec une toute petite cuvée de 6 000 bouteilles certifiées. Celle-ci en compte 64 800. Elle a été élaborée à partir de trois millésimes extraordinaires : 2018, 2019 et 2020. C’est un vin qui est très peu dosé (2,5 g/l), avec une belle complexité : une petite bulle, un vrai corps mais très aérien, et une belle longueur en bouche. Le bénéfice du raisin bio est flagrant : il y a une tension, une énergie, une radiance, un côté solaire. Les avis sont très encourageants.

 

Voir cette publication sur Instagram

 

Une publication partagée par Ludovic du Plessis (@ecoludo)

Quel est l’impact du changement climatique sur vos vins ?

Nous essayons de prendre le problème à la racine pour garder le style Telmont. Toutes nos actions vont dans ce sens. Le changement climatique n’est pas une contrainte mais une source d’innovation.

Après avoir allégé les bouteilles et éliminé le verre transparent non recyclé, les formats spéciaux ainsi que les coffrets cadeaux, vous annoncez des flacons aux 193 000 nuances de vert…

La bouteille représente en moyenne 40 % de l’empreinte carbone d’une Maison de champagne. Nous sommes donc en constantes discussions avec Verallia, notre fournisseur verrier, afin de réduire son impact. Or, pour passer d’une teinte A à une teinte B, il y a une production de 193 000 bouteilles de couleurs différentes qui ne correspondent pas aux standards chromatiques. Nous les prenons toutes. Elles seront sur le marché en 2026.

À côté du manifeste, vous avez créé le collectif Telmont – Au nom de la Terre, qui regroupe des personnalités engagées pour la préservation de l’environnement. Quel est son rôle ?

Le collectif s’est créé de façon spontanée, avec des profils très variés, comme le navigateur Romain Pilliard, le chef étoilé Florent Pietravalle, le pêcheur Mathieu Chapel, les marques Brompton et Ecoalf, ou encore depuis peu la Japonaise Maha Kikugawa, fondatrice de Treeful Treehouse. Nous nous réunissons une fois par an. L’objectif est que chacun partage ses bonnes pratiques et ses problématiques.

 

Voir cette publication sur Instagram

 

Une publication partagée par Ludovic du Plessis (@ecoludo)

D’aucuns disent que, comme vous partez d’une feuille blanche, votre action est simple. Que répondez-vous ?

Je dis que nous sommes une start-up centenaire. La Maison est née en 1912. Bertrand Lhôpital, notre chef de cave, est la quatrième génération. Aujourd’hui, nous sommes seize : huit femmes, huit hommes. Nous avons la chance d’être accompagnés par le groupe Rémy Cointreau et Leonardo Di Caprio, entré au capital il y a deux ans. Cela nous pousse à aller plus vite. Nous prenons des décisions qui sont très agiles. Nous ne sommes pas là pour juger : chacun y va à son rythme. Le projet Telmont n’est pas parfait, mais il a du sens. On avance. Et si cela peut inspirer d’autres Maisons, c’est tant mieux.

fr.champagne-telmont.com


Lire aussi : Le bar à champagne de Barons de Rothschild ouvre ses portes au 39V à Paris


Photo de Une : Ludovic du Plessis, président de Telmont.

Partager cet article

A lire aussi
plats marocains par Maison Meema au Food Temple Maroc

Food Temple célèbre le Maroc à Paris

Pour sa dixième édition, le festival Food Temple pose ses valises au Maroc, du 18 au 20 septembre, à la Halle du Carreau du Temple. Entre pastilla, gnaoua électro et savoir-faire de grand-mères, Paris troque le temps d’un week-end son ambiance habituelle pour la frénésie marocaine.

road trip portugal

Road trip : une semaine sur les routes du nord du Portugal

Beaucoup pensent à l’Algarve pour organiser un road trip au Portugal, afin de voir les plages, falaises et différentes villes de la côte. Pourtant, le Nord du pays offre également son lot de paysages variés. Entre villages médiévaux, vignes à perte de vue et plages de sable fin, voici notre itinéraire pour découvrir le Portugal de Porto à Lisbonne.

fauchon, photo d'un plat du menu des 140 ans par Pierre Chomet

Fauchon célèbre 140 ans de gourmandise audacieuse

Pour son 140e anniversaire, la Maison fondée en 1886 investit Fauchon L’Hôtel Paris avec un menu signé Pierre Chomet et le grand retour du Five O’Clock Tea. Deux rendez-vous à savourer dès la rentrée, face à l’église de la Madeleine à Paris.

castelbrac dinard

Au Castelbrac, fais ton Dinardais !

Un hôtel ? Non, une villégiature comme en possédaient les heureux de la Belle Époque. Dinard fêtait alors l’esprit, le frisson, l’extravagance. Installé dans une villa des temps anciens, l’hôtel Castelbrac en restitue les bonheurs.