Il y a la montagne qu’on descend à ski, et celle qu’on monte pour déjeuner. Ces deux pratiques ne s’opposent pas, elles se complètent… à condition de savoir quels restaurants d’altitude choisir. Car entre la cafét’ de station au service tarifé comme un palace et la vraie table d’altitude, il y a un monde. Un monde de chefs qui ont choisi l’inconfort logistique pour la grandeur du cadre et la singularité du projet. On a sélectionné sept adresses (françaises, suisses, autrichiennes, italiennes) où la cuisine est aussi sérieuse que la vue. Chaussez les spatules, on vous emmène !
1. La Bouitte (Saint-Martin-de-Belleville)
Dans le hameau de Saint-Marcel, entre Saint-Martin-de-Belleville et Les Menuires, La Bouitte est une institution alpine à part, parmi nos restaurants d’altitude préférés. L’histoire est familiale : René Meilleur a posé ses fourneaux ici il y a plus de quarante ans, son fils Maxime, ancien biathlète de l’équipe de France reconverti en chef étoilé, l’a rejoint. Deux générations, une même ligne : la cuisine savoyarde élevée au rang d’art, sans condescendance ni artifice. Les produits du terroir alpin sont traités avec une précision et une générosité qui ont valu à la maison ses étoiles au Guide Michelin. Le chalet, en vieux bois et pierre de pays, impose une intimité rare pour une table de ce niveau.
Le petit plus : La maison propose aussi des chambres d’hôtel 5 étoiles, un spa, et un bistrot en station (Simple & Meilleur, récompensé d’un Bib Gourmand) pour ceux dont le budget ne suit pas tout à fait l’ambition du restaurant gastronomique.
La Bouitte, Hameau de Saint-Marcel, 73440 Saint-Martin-de-Belleville. la-bouitte.com
Lire aussi : Nos meilleurs spots pour profiter de la montagne hors des sentiers battus
2. Chesa Stüva Colani (Madulain, Engadine)
Voir cette publication sur Instagram
Une publication partagée par Paolo Casanova (@paolocasanovachef)
Dans la Basse-Engadine, entre Zuoz et Saint-Moritz, le village de Madulain passe inaperçu pour la plupart des voyageurs. C’est leur perte. La Chesa Stüva Colani – comprendre « la maison du salon Colani » en romanche – est tenue par Paolo Casanova, chef d’origine italienne installé en Suisse grisonne avec une conviction : cuisiner ce que la montagne produit, sans détour. Les herbes sauvages de l’Engadine, les champignons des forêts alentour et les produits bio des fermes voisines composent des assiettes qui racontent un territoire précis. Une étoile Michelin, 17 points Gault & Millau et le titre de Green Chef of the Year 2023 décerné par le guide suisse : le genre de palmarès qui donne envie de rater son train à Saint-Moritz.
Le petit plus : L’établissement comprend aussi un bistrot dans la même bâtisse et quelques chambres façon chalet. On peut donc dîner, dormir et recommencer le lendemain matin.
Chesa Stüva Colani, Via Principela 20A, 7523 Madulain, Grisons, Suisse. paolocasanova.ch
Lire aussi : 48 heures à Verbier, un week-end au sommet suisse
3. Spettacolo (Lenk im Simmental)
Voir cette publication sur Instagram
Une publication partagée par Lenkerhof gourmet spa resort ‐ Relais & Châteaux (@lenkerhof)
Le Lenkerhof Gourmet Spa Resort, à Lenk dans le Simmental bernois, est l’un de ces hôtels de montagne suisses qu’on s’obstine à ne pas connaître parce qu’ils ne sont ni à Gstaad ni à Verbier. Tort. Son restaurant Spettacolo (17 points Gault & Millau) propose une cuisine créative construite autour des produits locaux suisses, dans une salle qui marie chaleur alpine et design contemporain. Le menu change chaque jour, les fromages sont présentés sur un buffet de plus de trente références et la carte des vins joue sur les deux hémisphères sans ostentation. Le Lenkerhof abrite également un second restaurant, l’Oh de Vie, orienté cuisine franco-italienne. Le tout dans un resort membre des Relais & Châteaux, avec spa de 2 000 m².
Le petit plus : Lenk est accessible depuis Gstaad ou Interlaken sans correspondance. Le cadre, plus confidentiel que les grandes stations voisines, est une raison supplémentaire d’y séjourner plutôt que d’y passer.
Restaurant Spettacolo, Lenkerhof gourmet spa resort, Badstrasse 20, 3775 Lenk im Simmental, Suisse. lenkerhof.ch
4. Le Panoramic (Chamonix)
Au sommet du Brévent, face au mont Blanc, Le Panoramic est l’un des rares restaurants d’altitude à offrir une confrontation directe avec le plus haut sommet d’Europe. On y accède en deux télécabines depuis Chamonix. En salle comme sur la terrasse circulaire, les grandes baies cadrent le massif à moins de cinq kilomètres à vol d’oiseau. La cuisine, savoyarde et généreuse, ne prétend pas à la haute gastronomie : des spécialités locales préparées avec soin, des produits du terroir haut-savoyard. Un déjeuner suspendu à 2 525 mètres, avec vue sur ce que les alpinistes mettent des années à atteindre.
Le petit plus : L’accès est possible pour les randonneurs comme pour les skieurs. Piétons et skieurs peuvent donc se retrouver au même déjeuner, chacun arrivé depuis son versant.
Restaurant Le Panoramic, Le Brévent, 74400 Chamonix-Mont-Blanc. @le_panoramic_brevent sur Instagram.
Lire aussi : Road trip à Chamonix avec Léo Slemett
5. Berggasthof Sonnbühel (Autriche)
Voir cette publication sur Instagram
Une publication partagée par Sonnbühel | Kitzbühel (@sonnbuehel)
À Kitzbühel, sur le domaine du Hahnenkamm – lieu où se dispute chaque janvier la Streif, la descente la plus redoutée du circuit de Coupe du Monde –, le Berggasthof Sonnbühel est l’une des adresses de montagne les plus connues du domaine KitzSki. Dans une salle en bois avec cheminée et terrasse face aux sommets, on s’attable après une matinée de ski pour une pause qui risque fort de se transformer en après-midi. L’ambiance mêle skieurs internationaux et locaux tyroliens dans une atmosphère décontractée et la vue depuis la terrasse embrasse le Kitzbüheler Horn et, par temps clair, les Hohe Tauern jusqu’au Großglockner. La cuisine, généreuse, fait la part belle aux produits de la région. On y croise régulièrement des célébrités (ce qui, à Kitzbühel, est moins une surprise qu’une constante).
Le petit plus : Kitzbühel est l’une des rares stations alpines où la gastronomie d’altitude est aussi soignée que l’après-ski en vallée. Le Sonnbühel en est l’un des représentants les plus emblématiques.
Berggasthof Sonnbühel, Hahnenkamm 11, 6370 Kitzbühel, Autriche. sonnbuehel.at
6. Naskira (Sauze d’Oulx, Piémont)
Voir cette publication sur Instagram
Une publication partagée par Chalet Il Capricorno (@chalet_il_capricorno)
Dans la Via Lattea piémontaise, entre Sestrières et la frontière française, le Chalet Il Capricorno fait partie des restaurants d’altitude qui méritent qu’on se donne la peine d’y aller : en hiver, la seule façon d’y accéder depuis la station est de monter en scooter des neiges, ce qui est, à bien y réfléchir, une excellente manière de commencer un dîner. Ouvert en 1966, l’établissement s’est imposé comme l’une des tables de référence du nord de l’Italie. Son restaurant Naskira revisite la cuisine de montagne piémontaise avec précision : produits de saison, gibier local, tradition valdôtaine et alpages environnants. Le chalet, en pierre et bois, se pose sur les pentes de Sauze comme s’il n’avait jamais voulu être ailleurs.
Le petit plus : Huit chambres seulement, ce qui fait du Capricorno un refuge autant qu’un restaurant. L’idéal pour une nuit d’altitude, loin du centre animé de Sauze d’Oulx.
Naskira, Chalet Il Capricorno, Via Case Sparse 21, Loc. Les Clotes, 10050 Sauze d’Oulx (TO), Italie. chaletilcapricorno.it
7. Le Sarkara (Courchevel 1850)
Voir cette publication sur Instagram
Une publication partagée par Le SarKara** at Le K2 Palace (Courchevel 1850) (@lesarkara_k2palace)
À Courchevel 1850, dans l’hôtel K2, le Sarkara de Sébastien Vauxion est l’un des restaurants d’altitude les plus inattendus des Alpes. La singularité tient à un choix qui paraissait improbable sur le papier : un restaurant gastronomique uniquement dédié au dessert, dans un palace de ski, pour une clientèle en tenue de piste. Pari tenu, et brillamment : le Sarkara a décroché deux étoiles au Guide Michelin, un exploit rare à cette altitude. Sébastien Vauxion, ancien complice de Pierre Gagnaire, traque le sucre naturel dans les fruits et les légumes pour brouiller les frontières entre sucré et salé. Les associations légume-fruit, champignon-poire ou fromage savoyard-caramel en font davantage une expérience gastronomique à part entière qu’une simple fin de repas.
Le petit plus : Le Sarkara est le seul restaurant deux étoiles Michelin au monde entièrement consacré au dessert, ce qui lui confère un statut assez unique dans le panorama gastronomique européen.
Le Sarkara, Hôtel K2, 238 rue des Clarines, 73120 Courchevel 1850. lek2palace.com
Lire aussi : Courchevel, nos bonnes adresses dans la station
Photo de Une : La Bouitte © Marc Berenguer



