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Prendre le volant de sa vie

Ils ont quitté Paris, changé de métier, ouvert une maison d'hôtes en Normandie et redéfini leur idée de la réussite. Deux choses les ont suivis dans cette nouvelle vie : l'envie de garder le cap et... leur Range Rover.

La première chose que l’on remarque en arrivant à La Roquerie Farmhouse, ce n’est pas la maison, mais cette impression que personne ne semble pressé. Bastien disparaît dans le potager avant de revenir avec quelques herbes humides. Au bout de l’allée, un Range Rover Autobiography P550e hybride électrique rechargeable porte encore la poussière des routes du pays d’Auge. Tant mieux : une voiture comme celle-ci n’est jamais aussi belle que lorsqu’elle prouve qu’elle roule.

À l’intérieur de cet ancien pressoir à pommes du XVIIe siècle devenu maison d’hôtes, une cocotte mijote sur le piano de cuisson Falcon. Aurélie ajuste un bouquet de fleurs et ouvre une fenêtre. Ici, rien n’est laissé au hasard. Colombages, velours anglais et plaids en cachemire composent un décor résumé par la devise : « French roots, British spirit. »

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Il y a encore quelques années, cette scène aurait été difficile à imaginer. Aurélie Debiève faisait carrière dans les plus grandes Maisons de luxe. Autodidacte, elle gravit les échelons jusqu’à des postes de direction. Bastien de Changy, chef privé, répartissait son temps entre cuisines d’exception et projets personnels. Ils se rencontrent sur Instagram, découvrent qu’ils habitent la même rue. Un bébé et un projet de maison d’hôtes plus tard, les voici installés au cœur de la Normandie, à La Roquerie Farmhouse.

Une cuisine « soil-to-plate »

« Aujourd’hui, le pouvoir, c’est de se réapproprier le temps, explique Aurélie depuis le grand canapé olive du salon. C’est avoir la liberté de ne plus se laisser dicter sa vie, de décider à quelle heure on se lève, ce qu’on fait de sa journée. » Pendant longtemps, la réussite a ressemblé à une compétition verticale. « Quand tu es pris dans la machine, tu ne te rends même plus compte du rythme auquel tu vis, sourit-elle. Et puis, un jour, tu te demandes : “Est-ce que ce que je fais a encore du sens pour moi ?” » Ils répondent à cette question en quittant Paris.

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La Roquerie Farmhouse n’est ni un hôtel ni une maison d’hôtes, mais « un refuge où l’on peut se protéger, créer, transmettre, passer du bon temps en famille, entre amis », résume Bastien. Les légumes proviennent du potager ou des producteurs voisins, les viandes, des fermes alentour. Sa cuisine, généreuse et saisonnière, fait du repas le cœur de cette maison discrète et authentique, qui dispose de sept chambres et peut être entièrement privatisée. Aurélie, elle, a conservé du luxe une autre forme d’exigence. Elle se retrouve dans les papiers peints du Grand Siècle ou d’Isidore Leroy, les parquets Lascombes ou les tissus Céline Mercier. « Le souci du détail, je ne le vois plus seulement dans l’esthétique, mais dans l’attention que l’on porte à l’autre. Savoir comment quelqu’un aime son café, ce qu’il aime manger, ce qui lui fait plaisir… C’est ça qui m’intéresse aujourd’hui. »

Virages et confort

Beaucoup rêvent de changer de vie, peu passent à l’action. « Le vrai sujet, c’est oser, résume Aurélie. Accepter une promotion, c’est facile ; renoncer à une carrière installée, beaucoup moins. » À les écouter, l’idée de réussir n’a plus grand-chose à voir avec le management. Cela consiste surtout à choisir sa trajectoire sans attendre qu’on la valide.

Dans la cour, le Range Rover Autobiography, son V6 et son intérieur en cuir Caraway patientent jusqu’au prochain départ. Hier, il reliait des rendez-vous parisiens ; aujourd’hui, il emprunte les petites routes du pays d’Auge, traverse les chemins détrempés grâce à sa transmission intégrale intelligente et retrouve l’autoroute dans un silence remarquable.

À bord, les sièges massants « pierre chaude » diffusent des vibrations qui réduisent la fatigue et prolongent cette idée de sanctuaire. Le parallèle s’impose presque de lui-même. Le leadership ressemble moins à une salle de réunion qu’à une route de campagne : regarder loin, accepter quelques virages, corriger sa trajectoire et garder les deux mains sur le volant. Aurélie et Bastien ont changé de direction, pas d’exigence. Car conduire un Range Rover ou conduire sa vie obéit finalement à la même règle : la vraie liberté n’a d’intérêt que lorsqu’on sait exactement où l’on veut aller.

rangerover.com et @la_roquerie sur Instagram

Photo de Une : La Roquerie

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