Après Verbier, Hydra et Venise, voici donc que Didier Guillon, mécène, collectionneur et artiste, installe ses cimaises à Barcelone, au Carrer de Pomaret, dans une demeure de 1905 où résonnent les influences de l’Art nouveau, d’Antoni Gaudí, mais aussi de Josep Puig i Cadafalch, de Lluís Domènech i Montaner et d’Enric Sagnier i Villavecchia.
Plus que toute autre, cette résidence illustre la passion de la famille Guillon pour l’art, la beauté et le design. Didier Guillon les tient, entre autres, de son père, et les transmet à ses enfants dont chaque résidence porte un prénom. Ici, il s’agit de son fils Maxence.
Voir cette publication sur Instagram
Une publication partagée par Bertrand Fraysse (@fraysse_bertrand)
Dès qu’on franchit la porte, le ton est donné. Un nu géant, œuvre collaborative entre Didier Guillon et Carles Valverde, talentueux sculpteur espagnol, retient l’attention par sa présence imposante et annonce l’expérience artistique, émotionnelle et immersive que les invités vont vivre pendant leur séjour. Chaque pièce, chaque chambre est dédiée à un artiste.
On ne se lasse pas d’admirer les dessins à l’encre noire que Didier Guillon réalise sur les pages du New York Times. Les toiles expérimentales et conceptuelles de Frédéric Amat interpellent elles aussi et incitent à la réflexion. Yves Lévêque, qui est toujours resté en dehors des courants, réinvente l’idée de nature. Quant au Tchèque Pavel Roučka, ses coups de pinceau quasi palpables sur la toile donnent le vertige.
S’immerger dans l’émotion à la Casa Maxence
Mais la Casa Maxence signe également l’indéfectible lien qui unit Didier Guillon et l’artiste catalan Isao. « C’est mon frère », dit de lui Didier Guillon. Outre ses œuvres qui composent une installation à messages subtils, Isao a créé pour la résidence des céramiques que Valentine Guillon a ensuite assemblées.
Après un passage à la Fondation Joan-Miró, c’est d’ailleurs à la Fondation J. Llorens Artigas que Didier Guillon nous entraîne. J. Llorens Artigas fut le céramiste de Miró, de Raoul Duffy et d’Albert Marquet, mais aussi l’ami de Georges Braque, Marc Chagall et Luis Buñuel. Aujourd’hui, c’est son petit-fils Isao Llorens Ishikawa qui veille sur ses œuvres et en perpétue la création dans une modernité sensible. Sa complicité avec Didier Guillon est inspirante.
Mais que vient-on faire à la Casa Maxence ? Découvrir Barcelone certes, mais avant tout s’immerger dans l’émotion que la résidence infuse. On dialogue avec son langage, on se nourrit de sa créativité. On est dans les coulisses d’une nouvelle expérimentation personnelle, avec, en retrait, l’énergie audacieuse, généreuse, vibrante de Didier Guillon comme mentor.
Lire aussi : Nos bonnes adresses à Barcelone
Rencontre à Venise avec Ulysse au Palazzo Bonvicini
Voir cette publication sur Instagram
Une publication partagée par Fondation Valmont (@fondationvalmont)
Si, à l’Arsenal de Venise, se tient la Biennale d’art, la création contemporaine se délocalise aussi à la Fondation Valmont qui accueille une nouvelle exposition au cœur du Palazzo Bonvicini. « Ulysse. We are all Heroes » est la première partie d’une trilogie d’expositions consacrées à la mythologie. Qui était vraiment Ulysse ? Quatre artistes se questionnent en revisitant son odyssée. Gayle Chong Kwan revient sur la rencontre d’Ulysse avec Polyphème, son œuvre mêlant photographies, sculptures et peinture à des collages d’images anciennes, modernes ou générées par l’IA.
Avec Stephanie Blake, on découvre une nouvelle Circée, à la fois femme puissante, féministe, sorcière cruelle et compagne loyale. Si l’on ne connaissait pas le chant des sirènes, Isao nous révèle le secret de cette énigme. Et Didier Guillon émerveille avec son installation Le Massacre des prétendants. Pénélope y est le symbole de la démocratie, potentiellement en phase de désagrégation, mais métaphoriquement indestructible.
Jusqu’au 23 février 2025 au Palazzo Bonvicini. fondationvalmont.com
Lire aussi : La Maison Valmont s’expose à Venise
Photo de Une : Casa Maxence




