On a beau courir les aéroports, rien ne remplace la magie lente d’un voyage en train. Et puis il y a les trains panoramiques, ces locomotives qui transforment un simple trajet en expérience hypnotique : paysages en cinémascope, baies vitrées comme des écrans géants, montagnes à portée de souffle et vallées qui défilent avec une élégance presque chorégraphiée.
On ne se contente pas d’aller d’un point A à un point B : on traverse des mondes, on suit les courbes du relief, on écoute le paysage respirer. Pour les âmes contemplatives, les amoureux de nature XXL et les voyageurs pour qui la route compte autant que la destination, voici les trains panoramiques à ajouter à votre bucket-list.
1. Le Glacier Express (Suisse), un slow-ride de légende
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Monter dans le wagon-panorama, poser la main sur la vitre et laisser la Suisse écrire une lettre en paysage. Le Glacier Express n’est pas une course, c’est une cérémonie. Départ à Zermatt, arrêt au sommet de l’Oberalp à 2 033 m, huit heures durant le train déroule spectacle après spectacle : gorges profondes, vallées d’alpage, viaducs sculpturaux.
Le temps se dilate, la lumière change comme une bande son, et chaque pont révèle un autre tableau. À bord, les baies vitrées avalent l’horizon ; la Classe Excellence, pour qui veut, ajoute un service à table qui sent la montagne et la générosité locale. C’est l’anti-transit : on ne va nulle part vite, on savoure chaque minute en prenant notre temps. Sans doute parmi les plus beaux trains panoramiques.
Pratique : environ 291 km entre Zermatt et St-Moritz, environ 8 h de trajet selon l’itinéraire. Réservation recommandée (même avec un pass).
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2. Entre fjords et montagnes à bord du Flåm Railway (Norvège)
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Vingt kilomètres et une montée qui vous colle au siège : le Flåmsbana grimpe de Flåm au fjord jusqu’à Myrdal, près de 866 m d’altitude, en une heure environ. C’est compact et intense. Entre tunnels, cascades, falaises et la fameuse pause photos à la Kjosfossen, le spectacle se joue en plans serrés mais répétés. Le train ne promet pas le grand luxe ; il vend l’émotion immédiate et la vue qui vous retient le souffle. Si vous êtes de passage en Scandinavie, gardez-vous une demi-journée pour ce morceau de pure Norvège.
Pratique : 20,2 km, dénivelé ~866 m, ~1 h. Service toute l’année (fréquences selon saison).
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3. Le Bernina Express (Suisse – Italie), à travers les Alpes
Le Bernina Express, c’est la bascule : on prend un siège à côté de la vitre et on passe de la Suisse à l’Italie comme on tourne une page. De Coire / St-Moritz à Tirano, le train grimpe, descend, traverse 55 tunnels et franchit près de 196 ponts et viaducs ; dont des merveilles techniques comme le viaduc en spirale de Brusio et le célèbre Landwasser. En quatre heures, la topographie change d’humeur : glaciers, cols, lacs turquoises, puis villages italiens au climat plus doux. Photogénique sans prétention, parfait pour ceux qui aiment les contrastes.
Pratique : environ 4 h de trajet Chur / St-Moritz à Tirano. Places panoramiques conseillées.
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4. La West Highland Line (Écosse), Highlands, lochs et landes
La West Highland Line ressemble à un road-trip en slow motion : Glasgow s’efface, la tourbe s’étire, les lochs s’ouvrent comme des miroirs. Selon l’itinéraire (Glasgow-Fort William-Mallaig ou vers Oban), le voyage offre landes, sommets flous et le Glenfinnan Viaduct qui claque. L’image vous dit quelque chose ? Vous êtes bien sur le chemin du fameux Poudlard Express d’Harry Potter, l’un des trains panoramiques les plus connus du cinéma. Ce n’est pas du spectacle poli : c’est la nature en direct, parfois rude, souvent belle, toujours atmosphérique.
Pratique : durées variables (environ 5h30 de Glasgow à Mallaig, environ 3h30 de Glasgow à Fort William). Plusieurs tronçons possibles.
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5. Paysages mythiques sur le TranzAlpine (Nouvelle-Zélande)
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La Nouvelle-Zélande tient aussi son chef-d’œuvre ferroviaire : le TranzAlpine file de Christchurch à Greymouth (223 km, environ 5 heures de trajet), longe rivières et gorges, traverse la chaîne des Southern Alps et donne l’impression d’un pays qui respire en grand format. Pas de clinquant, juste des panoramas XXL et une sensation d’axe entre mer et montagne. À bord, on garde la fenêtre ouverte sur l’horizon : le train devient un outil pour regarder plus qu’un moyen de transport. Pour qui combine road-trip et relais tranquille, c’est un passage obligé.
Pratique : 223 km, environ 5 heures, service quotidien (selon saison).
6. Le Transsibérien, huit jours d’horizon à perte de vue
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C’est l’un des trains panoramiques les plus célèbres encore en activité. Le Transsibérien est une confession longue d’un continent : Moscou, villes-étapes, steppes, lacs et gares qui s’alignent comme des chapitres. La ligne principale, qui relie Moscou à Vladivostok, mesure 9 289 km et prend généralement une bonne semaine si l’on suit la route classique sans rallonges. Il existe aussi des variantes (Trans-Mongol, Trans-Manchourien) qui changent paysages et expériences. À bord, on apprend la lenteur des distances, la géographie vivante et la poésie des gares.
Pratique : De Moscou à Vladivostok, 9 289 km, durée usuelle 6 à 8 jours selon arrêts et services.
7. Tren a las Nubes, pour tutoyer le ciel (Argentine)
Monter dans le Tren a las Nubes (comprendre le train des nuages), c’est accepter l’altitude et goûter au vertige contrôlé : la branche touristique (sur la C-14) monte vers le viaduc de La Polvorilla, culminant autour de 4 220 m, et traverse plateaux d’altiplano, villages hauts perchés et viaducs spectaculaires.
Le service touristique combine parfois segments routiers et portions historiques du rail. L’expérience reste « roots », avec son air rare et ses panoramas hors norme. C’est un voyage qui vous fait sentir la montagne en direct, pas recommandé pour les inconscients du mal de l’altitude, mais délicieux pour les curieux.
Pratique : trajet sur la branche C-14 (de Salta à San Antonio de los Cobres / La Polvorilla), montée jusqu’à environ 4 220 m d’altitude, durée d’environ 8 heures avec escales selon formule touristique.
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Photo de Une : Glacier Express © My Switzerland




